Le réveil est source de vie. Le calme après la nuit qui s’achève. Oublier ce qui vous a réveillé et revenir à la surface de la journée. S’agripper à l’espoir du jour qui s’annonce. Sentir le soleil et l’air sur son corps. Être nu, debout, le jour devant soi. La vie reprend alors qu’elle n’a pas eu l’occasion rêvée de s’arrêter. La vie est différente dans le sommeil, ce n’est pas le même espace, ni le même temps. Les personnages croisés ne sont pas tout à fait le souvenir que l’on en a. Leurs mots s’e sont s’effacent à peine prononcés. Ils ne veulent pas être compris. S’échapper n’a jamais été simple. L’énergie manque, la volonté ne semble pas daigner accompagner le mouvement. Tout est lent, on pourrait croire que c’est compliqué, que la vie ne circule pas naturellement. Les oiseaux et les papillons n’en sont pas conscients. Le corps, allongé à côté, était-il là quand tout cela s’est passé? Ceux qui sont apparus tout au long de ce sommeil étaient-ils présents? Qui les a invités à partager ce moment de répit? Pourquoi bouger si l’on peut voyager sans provoquer le moindre mouvement? À quel instant doit-on revenir dans le monde qui tourne sur lui-même? Pourquoi doit-on se résigner à le faire? Est-on plus vivant en éveil qu’endormi puisque nous sommes encore là jour après jour jusqu’a ce dernier souffle? Nos actions et nos pensées sont-elles meilleures? Le réveil est brutal, l’éveil une caresse. Ils se succèdent, se juxtaposent mais ne se rejoignent pas. L’un sans l’autre n’est rien. Nous ne sommes rien sans l’autre, c’est une évidence maintenant. Être là, ici et maintenant, n’est pas suffisant. Être à deux, là, ici est maintenant, est rassurant. Ma main sur ta peau.
ni queue ni tête (13)
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