Oublier, effacer. Ce n’était pas un désir, cela s’est passé, sans réfléchir. Cela devait arriver, il aurait fallu prêter attention, être attentif. Ne pas apparaître puis disparaître, sans demander. On ne joue pas, on s’aventure, on partage. Dès que l’esprit s’éloigne, se concentre ailleurs une part de soi se délite, se perd. Seuls quelques flashs refont surface dans la mémoire. Mais il manque le reste, le contexte s’est lui aussi dissipé. Des éléments manquent, souvent physiques d’ailleurs. Un souvenir subsiste, un voile le recouvre délicatement. Cette impression légèrement floue d’un moment que l’on aurait aimé garder précieusement. Que l’on aurait aimé partager à nouveau. Un peu de nostalgie, mais pas seulement. C’est autre chose, quelque chose de plus intime, plus profond. Une émotion qui ne peut se recréer. Une sensation qui ne peut se revivre à l’identique. L’essentiel semble subsister, mais c’est une croyance. L’essentiel n’est plus là, il s’est échappé ailleurs, sans le vouloir. Peut-être voulait-il cela? Être plus intense dans l’absence. Une preuve supplémentaire. C’est toi qui l’a décidé, c’est toi qui n’a pas prêté attention, tu l’as fait fuir, ton souvenir. Tu as mis la distance. Tu l’as décidé, et tu t’en défends. Les questions se posent au bon moment, après, elles n’ont plus lieu d’être. Elles dérangent, elles m’interrogent plus. Elles ne souhaitent plus connaître la réponse. La distance et le temps ont sagement accompli leur mission. Et toi. Tu enragés. De peine, de peur. Tu n’as malheureusement pensé qu’à toi, et tu ne te crois pas. Pas moi. Je ne suis pas comme ça. Le constat est sans appel. Si tu es comme ça, et si ça dépend de toi. Il fallait réfléchir, y penser avant. Tu ne l’as pas fait, alors ne te plains pas. Constate. Aie la modestie de reconnaître ton erreur. Comment voulais-tu que cela se déroule autrement. Ce n’était pas écrit, tu l’as écrit. Toi. Seul. Tu n’as considéré que toi. Tu as mis tes barrières. Tu t’es protégé de tes fantômes, jusqu’à en perdre la raison. Ta raison. Sois honnête, sincère. Avec toi, ton entourage. Ne te justifie plus. Assume. Assume que tu en es la cause. Ne te trouve pas d’excuse, ne t’excuse même pas. Au mieux accuse-toi. Oui. Admets, admets que c’est toi, toi seul, qui a créé tout cela. Et c’est comme cela. Tu n’as pas été là, parce que tu avais fait le choix de ne pas être là. Tu croyais être là, mais tu n’étais pas là.
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