Archives du mot-clé xavierfisselier

mn (IX)

Être éveillé sans penser, seulement une fois, juste une fois.

Ne pas penser, juste une fois. Oui, juste une seule fois. S’arrêter, respirer, regarder, écouter, sentir et toucher mais ne rien retenir. Ne rien mémoriser. Être comme le vent qui souffle et s’apaise, la mer qui se déchaîne puis se lisse. Se fondre dans l’espace et s’y perdre. Ne faire qu’un dans le grand ensemble de tout. Ne pas penser pour ne pas faire de mal, pour ne pas se faire de mal. Ne pas penser pour ne pas tenter de comprendre ce que l’on ne peut jamais comprendre. La raison ne peut se limiter à une dualité noir blanc, oui non. Et le peut-être,  n’est pas plus raisonnable puisqu’il se situe entre le oui et le non, ou le gris entre le noir et le blanc. Les mêmes référents pour une simple variation. Il n’y a pas d’explication logique. Certes, la logique semble rassurante, très rassurante. Mais qu’advient-il s’il y a une exception à la règle? La logique se détruit, disparaît. Elle perd sa raison d’être à la moindre entourloupe. Oui, la petite tromperie à la logique, celle qui ne se dit pas, ne se voit pas toujours, ne se devine qu’à peine. Celle qui flotte toujours, partout pour nous prouver notre inaptitude à former des explications logiques. Alors, tout s’effondre, d’un seul tenant. La logique est pensée, la réalité est bien autre. Tout corrobore, rien ne se tient. La pensée essaie de faire tenir les choses entre elles, elle s’obstine à donner un sens, une explication jusqu’à justifier des concepts qui n’ont aucune consistance. Alors, que faire? Comment parvenir à cet état de grâce? Chasser le trouble, l’émotion. Seulement vivre et ne rien interpréter. Je ne suis ni les autres choses, ni les êtres qui m’entourent. Je ne peux penser pour eux, je ne peux vivre comme eux. Je ne peux être qu’avec eux, au même moment, tout le temps dans le cycle, le flux et le reflux. Se laisser aller, ne rien attendre, seulement rester. Observer, sans mot dire, sans planifier, sans s’exposer, sans intervenir, sans juger. Ne pas bouger mais s’intégrer, se fondre. N’être qu’un négligeable élément d’un paysage illimité, déjà dessiné et que l’on dessine irrémédiablement. Se sentir infinitésimal et infini à la fois. Ne pas y croire, seulement sans rendre compte. Pourquoi ne pas s’en imprégner? Pourquoi changer une mécanique qui s’étend et se confond? Intervenir ne mène à rien. Se faire croire que si, mais ne pas y croire n’est-il pas tout autant ridicule? Je cherche à calmer mon corps et mon esprit. Ils sont là, qu’ils y restent. Je souhaite seulement les mettre en veille, presque les éteindre, sans toutefois les arrêter. Je ne décide pas. Cela se fera seul. Dans un rythme, ce rythme profond, inexorable, que je ne perçois qu’avec grand peine. La vie que je vois et que je sens autour de moi, est parfois un contre-rythme. Plus illusoire qu’une illusion. Mais crédible, si l’on ne s’y arrête pas. Nous nous habituons à croire. Nous croyons que nous avançons. Nous croyons que nous faisons avancer. Enfin, pourquoi croire? Il suffit seulement d’être.

à suivre… mn (X)

mn (VIII)

Non, aucune importance.

Le jour se dilate et rétrécit, petit à petit , et je m’y insère doucement, sans presque aucun mouvement. Ma respiration est encore rauque et légèrement haletante. Les cigarettes renaissent dans mon souffle. Respirer lentement, sans bouger en sentant mes muscles douloureux me rassure. Prêter l’oreille à ce souffle, le mien, et au sifflement aigu qui s’échappe de mes narines fatiguées de laisser fuir cet air vicié par ce corps qui s’éteint un peu plus à chaque instant. Le râle de mes poumons affaiblis par le tabac qui s’y accumule depuis si longtemps. Cela m’est insupportable mais ce léger essoufflement, presque imperceptible, est comme une berceuse qui me réconcilie avec la solitude de mon environnement. Cette impression que les imperfections, les sons et les odeurs de mon corps accompagnent l’être qui pense en moi, pour qu’il ne soit pas seul. Ces traces de vie qui éclaboussent le calme et la progression de la journée. Journée qui n’en est pas une puisqu’elle ne finit jamais. Elle avance simplement, inexorablement en changeant de luminosité et de température. Je suis là dans ce bouillon sans fin. Je ne cherche pas à le comprendre, je cherche seulement à percevoir quel ingrédient suis-je dans ce bouillonnement où j’apparais, maintenant et jusqu’à quand. Le froid, le chaud, le jour, la nuit, l’humide, le sec se succèdent et se mélangent. Je m’y adapte, comme je peux. Certaines associations me plaisent plus que d’autres. Le froid, le jour et le sec par exemple semblent stabiliser le travail de mon corps et affiner le travail de mes pensées qui flottent autour de moi. Mes pensées ne me font pas mal. Je crois qu’elles ne touchent pas directement la surface de mon corps. Ni pincement ni caresse. Seules mes mains, ou les mains d’un autre ou d’une autre, parviennent à le faire. La douleur de mes poumons ne semblent pas venir directement de ma pensée. C’est extérieur à ma pensée et intérieur à mon propre organisme. Il vit indépendamment de moi, je ne lui demande rien, il ne me demande rien. Il sait ce qu’il à faire mais n’est pas toujours d’accord avec ce dont je rêve. Il est sensible aux aspérités de son environnement, posé là comme les autres choses qui l’entourent, ni plus ni moins. Il y en d’autres sans doute autour, je ne les vois guère de là où je suis. Mais ma pensée sait qu’ils sont là, et aussi là-bas, où je ne vais pas, où je ne suis pas. Fonctionnent-ils de la même manière? Je suis curieux de le savoir, et puis je me dis que cela importe peu de le savoir. Cela ne les empêche ni de vivre ni de non-vivre. Ils se fichent bien de savoir ce que je ressens puisqu’ils sont autonomes et différents à la fois. L’intérêt de le savoir se réduit alors et disparaît immédiatement, comme une idée qui traverse l’esprit et n’y revient jamais exactement de la même façon. Je préfère écouter mon souffle fébrile pour stopper net la réflexion qui me fait perdre pied. Je préfère me concentrer sur ce picotement ou la sensation de ce flux qui parcourt ce corps décharné. Je dois arrêter un moment de penser, rester calme, sans interrogation aucune, être seulement l’objet ou la matière qui me compose. Je ne sais comment le définir. Réussir à être ce que je suis lorsque je suis en plein sommeil, mais de façon éveillée.

Être éveillé sans penser, seulement une fois, juste une fois.

à suivre… mn (IX)

vision, visage, vie

Penser différemment en pensant les contraires

vie | mort – tout | rien – plein | vide – unique | multiple – dieu | diable – réalité | rêve – certitude | doute

présence | absence

hier | aujourd’hui | demain

Penser différemment en ne pensant pas

espace | temps | espace temps

je | tu | il-elle | on | nous | vous | ils-elles

penser différemment

«Penser, analyser, inventer ne sont pas des actes normaux, ils constituent la respiration normale de l’intelligence.»

Jorge Luis Borges – Fictions
Cette citation dévoile les prémices d’un nouveau chemin. Penser différemment pourrait consister à inventer chaque instant à chaque instant. Un acte normal serait de ne rien faire. Agir et penser ou penser et agir afin d’éviter de sombrer.

Ne pas agir normalement. Ne pas agir normalement…

Penser différemment, faire respirer son intelligence.

oxymore

« Maintenant, je savais: les choses sont tout entières ce qu’elles paraissent – et derrières elles… il n’y a rien. »

Jean-Paul Sartre | La Nausée

quarante

Bientôt sonnera le glas de ses 40 ans.
Les 40 ans d’un mutilé de l’amour.
Les 40 ans d’un piètre bonasse qui ne sait ni donner l’amour, ni le recevoir.
Triste sort.
Triste sire.

mn (VII)

Je suis peut-être vivant, certes. Je n’en ai pas la preuve, mais je veux bien y croire. Je n’ai pas le choix, aucun choix. Seulement une sensation vague. Je sens. Oui, c’est cela, je sens. J’écoute les mots qui s’inscrivent, je ne sais où, mais par là, en moi. Dans ce corps que je n’aime pas plus que cela. Il ne me dit rien, il est là. Voilà, il est là. Je le vois quand je m’observe dans la glace, quand je le déplace d’un endroit à un autre, quand je vois mes mains. Surtout quand je vois mes mains. Je crois bien que c’est la seule chose de moi que je regarde vraiment. Avec attention. Avec plaisir presque. Elles sont autonomes, je les vois bouger, saisir, toucher, caresser, écrire, dessiner, peindre. Elles sont l’extension parfaite de mes pensées. Sans les mains je ne suis rien. Je le sais. Ma liaison avec le monde extérieur, ou intérieur d’ailleurs, avec le monde tout simplement. Il est petit mon monde. Il ne va pas loin. Je le limite, plus je le limite, plus il s’étend. J’aime le réduire mon monde, au maximum. Cela ne change absolument rien à l’autre monde. Rien, absolument rien. Il se délecte. Je ne le fuis pas, ou plus. Je n’ai aucune raison de le fuir. Je le regarde seulement, passer. Il passe, seul. Sans bruit superflu. Il est discret. On le remarque à peine. On ne le regarde pas, on l’utilise. On le glorifie ou on le hait. Peu importe, ce ne sont que des pensées. Et les pensées s’évaporent, comme nous si on le souhaite. Mais, on ne le souhaite pas. Non, nous voulons exister par nos pensées, nous voulons les partager. À n’importe quel prix. Nous voulons nous faire entendre. Pour être vu, ou seulement pour être perçu, non invisible. Ce n’est pas important. Je ne suis pas inquiet. J’attends. Je réduis, j’élimine, j’efface, je chute. Je perds pied. Mon corps perd pied et je peux me dégager et l’observer. J’aime la chute, parce qu’elle va toujours plus vite que mes pensées. Elle me laisse à peine le temps de m’observer. Ce n’est pas moi qui m’observe alors. C’est le monde. L’instant présent, le cycle de l’instant. Aucune peur, aucune joie, aucune émotion. Le seul instant. La séparation. La rupture. Le vertige. La jouissance pure de l’instant vécu. Pas ce qui l’entoure, non. Rien d’autre que la chute. Le passage d’un état à un autre sans analyse. Elle est seulement postérieure l’analyse. Mais elle est fausse. Les pensées reviennent, elles classent dans des cases. Ici ou là. Pour reprendre le contrôle. Le contrôle. Je passe mon temps à éviter le contrôle. Je n’y arrive pas bien. Cela n’a aucune importance. Seul, rien n’a d’importance. La pression n’est pas dans la solitude. Le chemin est sans doute par là, si chemin il y a. Je ne crois pas qu’il existe un chemin. Cela n’est pas clair. Il y a peut-être un rythme, un équilibre rythmé qui n’a aucune signification profonde. Oui, un rythme, sans artifice, ni valeur. Qui peut juger de la valeur d’un rythme? D’un mouvement qui va vers sa fin, habillé de telle ou telle manière. Quel est celui qui peut me dire que sa pensée ou qu’une pensée est bonne à suivre. Cela m’amuse. Cela m’attriste. Mais, je vois bien que là encore, cela n’a aucune importance dans le mouvement du rythme. Aucune.

à suivre… mn (VIII)

charles maussion

charles maussion | artiste peintre | paris

Je recherche tous documents écrits (catalogues), sonores, visuels, témoignages sur Charles MAUSSION, peintre (Paris).

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Le dernier inséré, terres d’ocres

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I’❤ mes liens…

naissance de l’émotion

Ne lire que ce(ux) que l’on veut lire, ne voir que ce(ux) que l’on veut voir, n’entendre que ce(ux) que l’on veut entendre, n’aimer que ce(ux) que l’on veut aimer, …
Et puis, n’écrire que ce que l’on veut écrire, à ceux à qui l’on veut écrire.

une étoile qui rêve, toile de Mathilde ©

à quoi penses-tu?

m & n | mn (0)

M et N,
Aime et Haine,
Deux lettres qui se suivent bêtement,
Deux mots qui s’entremêlent indéfiniment.