« … j’aime le regard des hommes qui regardent le regard des hommes qui les regardent… »
À Juan-Carlos Hernández, photographe.
J’aurais aimé être Saxo, aimé avoir ce regard, cette sérénité, ce calme…
6.01.2007 Ornette Coleman photo session at his home in New York by Juan-Carlos Hernandez ©
Archives de l’auteur : Xavier
regardez…
Ce matin, attentif, j’écoutais et essayais de comprendre une citation de Bergson à la radio. Je vous la livre: « … nous voyons malgré nos yeux et non pas grâce à nos yeux. »
…et vous, comment regardez-vous? Que voyez-vous? Observez-vous le ciel le matin au lever… le ciel c’est vous, alors scrutez-le.
la vie continue…
Le dimanche matin, est toujours un moment surprenant… Pourquoi? Je n’en sais rien… mais aujourd’hui, je découvre une fois encore que la vie continue… c’est drôle, non?
« Question: Est-ce que je dois continuer à demander Qui suis-je? sans répondre? Qui demande à qui?…
Réponse: Dans l’investigation « Qui suis-je? », « je » est l’ego. En réalité, la question veut dire quelle est la source ou l’origine de cet ego? Vous n’avez pas besoin d’avoir quelque conception que ce soit à l’esprit. Tout ce qui est exigé c’est d’abandonner la conception que vous êtes ce corps correspondant à telle ou telle description, à tel ou tel nom, etc. Vous n’avez pas besoin d’avoir de conception en ce qui concerne votre nature véritable. Elle existe comme elle est depuis toujours. Elle est réelle, ce n’est pas une conception imaginaire. »
Extrait de Sois ce que tu es – Les enseignements de Sri Ramana Maharshi
sur un trapèze
« Peut-être que la nuit le monde fait la trêve… »
quote
Charles Maussion | Robert & Lisa Sainsbury Collection
Thanks to Sarah Bartholomew, Assistant Curator…
« When I was a school student I was very much influenced by Maussion’s work at the Sainsbury Centre and made many visits to look at the paintings on show. Even to this day, I would say that I am still very much inspired by his paintings of blurred and shadowy figures and landscapes in my own work. »
Assistant Curator
Collections and Exhibitions
Sainsbury Centre for Visual Arts
University of East Anglia
Norwich
NR4 7TJ
UK
Et mes recherches continuent… merci à tous…
plateform magazine | nº 16
Vous adorez la création… vous recherchez d’autres manières de vous informer sur les talents et les formes d’expression qui circulent par ci par là… alors ne manquez pas d’ouvrir PLATEFORM Magazine. Avant toute chose, je voudrais remercier Louise Imagine, sans qui je n’aurais découvert ce magazine exceptionnel & incontournable… Bravo à toute l’équipe…
Balade en ligne, ici…: http://bit.ly/dhv223
Vous y retrouverez…
- Frank Loriou
- Marco Cazzato
- Juan-Carlos Hernandez
- Ugo Nonis
- Flore Tricotelle
- Claude Grandclément
- Carène Souhy
- Pierre Gaudu
- Bye bye Omoïde
- Alfonso Villagran
- Grégory Bradenbourger
- Aurélien Police
- Benjamin Boujenah
- Emmanuel Guiho
note
L’homme est assis là, au bord de la falaise. Le buste droit. Les mains posées bien à plat sur ses jambes. Elles surplomblent la mer. Il regarde au loin, sans bouger. Son regard est noir seulement parce que ses yeux sont noirs et profonds. Sans fond. Personne ne sait à quoi il pense. Personne ne sait jamais ce que pense l’autre. On devine, on imagine. Si l’on se concentre sur l’essentiel, avec calme, on ne se trompe pas et l’on sait. Le vent est fort mais il ne bouge pas. Depuis quand est-il là? Une minute, une éternité. Peu importe, cela n’a pas de sens. Il est là. Et si on le remarque, on ne peut que le voir. Le regard des autres l’indiffère. Il ne scrute que la ligne d’horizon, au loin devant lui. Il écoute le flux et le reflux des vagues sur les rochers, là, plus bas. Les mouettes tournent près de lui. Elles hurlent. Mais il ne bouge pas. Ni même ses mains. Elles sont belles. Les vagues claquent. L’écume se forme et s’évapore dans l’air. Le bruit est fort, presque envoûtant. Mais cela ne le gêne pas. Rien ne le gêne. Rien ne le gêne plus. Il est paisible. Aucun tremblement ne vient troubler sa posture. Son souffle est faible presque doux. Ses yeux sont fixes. Ils ne cillent pas. Un lèger voile humide les recouvre. Il ne semble pas pleurer. Il regarde au loin, très loin.
Il est là, c’est son espace et plus rien ne l’empêche d’être là.
charles maussion
les liens entre nous qui se lient & se lisent
Surtout, n’oubliez pas d’aller vous promener sur les liens affichés sur ce blog, à droite de vos yeux… c’est ce qu’il y a de plus intéressant ici, alors allez-y et faites partager s’il vous plaît .
Le dernier inséré, terres d’ocres…
sans oublier arf, pour son aimable collaboration d’hier suite à la publication de cette note…
I’❤ mes liens…
naissance de l’émotion
Ne lire que ce(ux) que l’on veut lire, ne voir que ce(ux) que l’on veut voir, n’entendre que ce(ux) que l’on veut entendre, n’aimer que ce(ux) que l’on veut aimer, …
Et puis, n’écrire que ce que l’on veut écrire, à ceux à qui l’on veut écrire.
une étoile qui rêve, toile de Mathilde ©
à quoi penses-tu?
ne pourrais-je un jour vous rencontrer?
Écoutez, écoutez & recommencez à écouter! | Ne pourrais-je un jour vous rencontrer? sur les paroles Denise Girard, compositeur Jean Musy | http://twiturm.com/fc7s | Bravo @Soupir59
en apprentissage
Pierre-Edouard reçu sous la Coupole | 10 mars 2010
Texte extrait du site de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France: http://www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites/
Le sculpteur Pierre-Edouard reçu sous la Coupole
Emission proposée par : Marianne Durand-Lacaze ![]()
Référence : COU536
Adresse directe du fichier MP3 :http://www.canalacademie.com/emissions/cou536.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida5390-Le-sculpteur-Pierre-Edouard-recu.html
Date de mise en ligne : 11 mars 2010

La section de sculpture de l’Académie compte désormais sept membres : Jean Cardot, Gérard Lanvin, Claude Abeille, Antoine Poncet, Eugène Dodeigne, Brigitte Terziev.
Gérard Lanvin a prononcé le discours d’installation de Pierre-Edouard, élu dans la section sculpture, le 28 mai 2008 au fauteuil d’Albert Féraud. Pierre Edouard a souhaité que son discours soit prononcé par la voix de son ami Alain Zaepffel contre-ténor et fondateur de l’Ensemble Gravida. Selon l’usage, le discours de Pierre-Edouard fait l’éloge de son prédécesseur.
Né dans une famille d’artistes, fils du peintre Charles Maussion, Pierre-Edouard, nom d’artiste qu’il s’est choisi, a réalisé ses premières sculptures dès l’âge de quatorze ans tout en poursuivant son apprentissage de dessinateur et de peintre. Ses œuvres de jeunesse sont influencées par la statuaire Khmer et par Giacometti. Puis il se lance dans l’abstrait et fait de Rothko sa référence fondamentale. Pourtant il revient à la figuration après ce passage à l’abstraction dont il garda précieusement les stigmates. Son œuvre peinte côtoie une œuvre dessinée et gravée d’où naissent ses premières « têtes » et son œuvre sculptée vient plus tard en guise de synthèse. Gérard Lanvin a évoqué parmi les œuvres et les thèmes de Pierre-Edouard, « L’Homme à terre », « Femmes à l’échelle », Eve. Au début des années quatre-vingt-dix, Pierre-Edouard renoue avec la sculpture, à laquelle il décide de se consacrer prioritairement. En 2001, le public découvre ses sculptures en apesanteur, des figures de femme à partir du thème d’Eve ou de Noût. En 2003, il a reçu le Grand Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco. En 2008, il est élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil du sculpteur Albert Féraud.

Extraits du discours de Gérard Lanvin :
…D’ores et déjà, vous apparaissez comme hors normes, l’esprit non prévenu, lucide. Vous ne pouvez pas vous passer de la forme humaine et vous cherchez néanmoins toujours à l’éviter. Quoi que vous fassiez vous la rencontrez.
Vous êtes fasciné par le tragique pascalien. C’est le Pascal de la géométrie du hasard, du vertige face aux infinis, du fragment, du contraste hallucinant des clairs et des sombres, des ruptures abruptes et des interrogations sans fin. Cette ascèse pascalienne, vous la retrouverez chez Glenn Gould, qui, vous me l’avez souvent dit, est le créateur qui vous a le plus profondément marqué par sa pensée ; sans doute pour cette modulation sans début ni fin, et pour sa manière d’interpréter Bach en regard de la mort, mais dans un instant présent éternel.
Ce qui vous passionne véritablement dans toute création, c’est lorsque la rigueur géométrique est poussée tellement loin qu’elle en devient, dites-vous, lyrique, incandescente, et qu’elle nous donne envie de mourir par sa beauté parce qu’elle a perdu la raison.

…. Je suis frappé quant à moi, dans ce que vous faites, par des axes, des torsions, des arêtes, des sillons, des surplombs. Vous avez parlé de commencer une sculpture avec l’idée d’une montagne ou d’un temple. Un corps fait naître l’idée d’un entablement. Les visiteurs de votre atelier ont pu avoir l’impression d’entrer dans un sanctuaire.
Je serais pour ma part enclin à parler plutôt de métaphore, en souhaitant qu’elle ne soit pas la visée d’un système, sans surtout qu’on dût la signaler.
Faire des séries n’implique pas une progression, mais un réajustement par rapport à une vision initiale.
Les choses chez vous sont faites à partir du vide, sans direction préétablie, progressant en aveugle et somme toute sur une vision, mais fugace, prenant fond sur un absolu, et qui touche aux origines.
Le discours d’éloge de Pierre-Edouard consacré à Albert Féraud commence par son regret de ne pas avoir connu Albert Féraud et par la description de l’atelier de son confrère disparu.
Extrait du discours de Pierre-Edouard :
Vers le fond, je découvre les œuvres restées en suspens. Cet endroit respire un travail très rude, intense, violent ; avec sa dose de consumation physique, d’effort manuel. J’ai cette impression étrange que le maître des lieux s’est juste absenté quelques minutes et qu’il va m’accueillir, souriant. Cet atelier n’a pas fini de vivre et de servir la création qui l’habite. Mais peut-être n’est-ce là qu’un lieu commun, peut-être la mort d’un artiste, la fin d’une œuvre ne sont jamais qu’un accident qui n’aurait jamais dû se produire. Peut-être la nature interne d’une œuvre est-elle d’être un monde en expansion infinie qui ne connaît pas l’amoindrissement, la rupture, le point final. Peut-être la mort, dans l’art, n’est-elle qu’un évènement minime, anecdotique, qui va stupidement mettre un terme à quelque chose qui n’en a pas.
Dans l’atelier d’Albert Féraud, il reconnaît un tableau de Mubin Örhon, « grand seigneur de la peinture, mort dans l’oubli », meilleur ami de son père qui a guidé ses premiers pas de peintre et de sculpteur entre neuf et dix-huit ans.
Parlant de l’œuvre de Féraud, extrait du discours :
L’œuvre de Féraud est profondément lyrique. Lorsqu’on parle d’abstraction lyrique, on n’a encore rien dit. Beaucoup d’artistes abstraits se rattachent à des éléments figuratifs. Certaines œuvres de Féraud incorporent des tracés humanoïdes ou animaliers. Mais la vérité de cette œuvre prend tout de même racine dans une libération vis-à-vis de tout naturalisme au profit d’une sorte d’écriture en trois dimensions qui privilégie une pulsation interne dynamique. Sa sculpture est une danse dionysiaque.
Parlant de la sculpture, Pierre-Edouard précise : … En ce qui me concerne, je n’ai réussi à aborder la sculpture que par une fugace articulation de plans qui s’émiettent forcément parce qu’ils n’ont pas d’assise. Ils sont dans le vide. Ils apparaissent, disparaissent, se recommencent, indéfiniment, jusqu’à ce qu’un semblant de cohérence extrêmement fragile et ténu se fasse jour. Soudain un rapport s’établit entre quelques plans et ce rapport, aussi étrange que cela paraisse, ce rapport crée du « sens ». Rien n’est plus beau que le surgissement de ce « sens », je dirai même de cette « logique » au sein de cet invraisemblable chaos qu’est l’espace.

Pour en savoir plus
Pierre-Edouard sur le site de l’Académie des beaux-arts->]
Site Internet personnel de Pierre-Edouard
Gérard Lanvin sur le site de l’Académie des beaux-arts->]
Albert Féraud sur le site de l’Académie des beaux-arts->]
Alain Zaepffel : contre-ténor, fondateur de l’Ensemble Gravida, spécialisé dans le répertoire baroque. Sa passion pour le théâtre l’a conduit à la mise en scène. Il a notamment mis en scène et dirigé Esther de Racine sur la musique originale de Jean-Baptiste Moreau à la Comédie française, en 2003. Actuellement, il est professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris.
Texte extrait du site de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France: http://www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites/
| Chevalier des Arts et Lettres | |
Biographie
Pierre-Edouard naît en 1959. Très tôt, il se passionne pour le dessin et la peinture aux côtés de son père, peintre lui-même. A 14 ans, il exécute ses premières sculptures, tout en continuant à peindre et à dessiner. Les œuvres de cette période sont influencées par la statuaire Khmer et par Giacometti. Suivra une période abstraite où il découvre les grands abstraits américains – surtout Rothko – qui resteront toujours pour lui une référence importante. Au terme de ce voyage dans la peinture pure, il se tourne à nouveau vers la figuration, mais une figuration qui est passée par l’abstraction et en gardera à jamais les stigmates. Il commence à élaborer une œuvre dessinée. De cette période datent les premières « Têtes » et la découverte de ce qu’il appellera « le modelé ininterrompu », vision à partir de laquelle il établira l’œuvre à venir. Cette vision l’amène à appréhender toute forme sous l’angle d’un modelé d’ombre et de lumière, qui plus qu’un simple modelé est une véritable utilisation, quasi musicale de la modulation des ombres. A 21 ans, Pierre-Edouard entrait à la Galerie Claude Bernard. Sa collaboration avec cette prestigieuse galerie lui permet la rencontre d’artistes remarquables – Balthus, Bacon, César, Raymond Mason, Sam Szafran, Lopez-Garcia…
C’est en 1989 qu’il fera sa première exposition personnelle de peintures et de dessins à la galerie. Il y exposera ensuite régulièrement et ses œuvres y sont présentées en permanence. De cette période datent les « Doubles portraits », les « Groupes » et surtout les premiers « Hommes à terre » qui préfigurent son travail de sculpture. Suivra toute une série de pastels et de dessins sur le thème du “Personnage à l’échelle”. Il y développe une déconstruction de la figure par le fragment : l’image est désormais lacunaire. Au tout début des années 90, Pierre-Edouard renoue avec la sculpture à laquelle il va se consacrer prioritairement au fil des années. La sculpture lui paraît correspondre plus exactement à son besoin de modelé et d’espace. Le public découvre en 2001 les premières figures de femmes en apesanteur : le thème d’« Eve » ou de « Noût ». Ce thème va désormais dévorer son travail. Il sera en 2003 lauréat du Grand Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco, dont il obtient le premier prix. Une exposition suivra l’année d’après à la Principauté de Monaco. En 2008 il est élu à l’Académie des Beaux Arts de l’Institut de France au fauteuil d’Albert Féraud.
Son œuvre se poursuit entre sculpture, dessin et gravure. La récurrence des thèmes en fait une longue chaîne dont chaque œuvre est un jalon et l’ensemble un édifice en construction.
Tête penchée © G. Abegg
Eve-grande ve © G. Abegg
Tête avec bras © G. Abegg























