Archives pour la catégorie Note

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réf. : 402 à rappeler en cas de demande de retour

Monsieur,

Nous vous remercions d’avoir pensé à ….. pour votre manuscrit et, si votre roman “……” peut trouver des lecteurs, nous ne le retiendrons pas pour notre catalogue.

Malgré la légitime attente des auteurs, nous nous permettons de ne pas donner d’avis critique sur aucun des nombreux manuscrits quotidiens que nous recevons.

Avec nos regrets et vœux de succès dans votre recherche.

Les Editions …

75006 Paris

Nous détruisons les manuscrits reçus deux mois après notre réponse.
Si vous désirez que le vôtre soit réexpédié, merci de nous adresser 5€ en timbres.

Notre librairie est fermée au public jusqu’au 31 août.
Pour récupérer votre manuscrit à notre adresse parisienne
voici, ci-dessus les horaires, à partir du 1er septembre.
Merci de votre compréhension.

Horaires d’ouverture publique de la librairie :
du mercredi au vendredi : 9h -19 h ;
Samedi : 11h – 19 h, dès le premier septembre.

Pour les manuscrits hors de France, nous n’assurons pas de retour, sauf, exceptionnellement, en courrier lent, et sur demande.

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Et la vie poursuit sa longue épopée, sans avoir besoin de nous. De languissantes traînées de pensées, mêlées les unes aux autres, se délitent à jamais. Et pourtant, elles se réveilleront à nouveau, subrepticement, dans les esprits tourmentés de ceux et celles à qui l’on a donné un souffle. Comment ne pas devenir fou? N’est-il pas plus raisonnable de croire à sa propre folie d’exister que de s’évertuer à donner un sens inavouable à l’existence même? Il n’y aurait donc rien, absolument rien, rien à comprendre, pas même seulement à deviner. Tant de litres, de kilos, de je-ne-sais-quelle-unité-de-mesure de pensées, pour ne toujours rien comprendre à rien, depuis des siècles et des siècles… Décevant ou rassurant, cela semble de moins en moins limpide, alors il ne reste qu’à laisser filer les pensées librement, et accepter celles qui apparaissent hors du champ…
Être là.

poésie chinoise | céline jyoti

Ici, accueillir avec joie ce poème chinois de Céline Jyoti et aller lui rendre visite cieljyoti’s blog. Merci Céline de ce partage.

晚上的一絲憂愁淹沒我滿是淚水的臉

La petite tristesse du soir inonde mon visage de larmes

日間的呼息成了夜裡的震撼

Le souffle du jour fait l’étonnement de la nuit

一滴碧藍填滿我欣喜的墨囊

Une larme d’azur remplit mon encre de ravissement

就這麼的一步,讓我靠近那遙遠的愛

Un pas suffit à me rapprocher de cet amour si lointain

我看着我的年華在雲中飄散

Je vois s’évaporer mon âge en nuage

將至的年華把將逝的青春燃亮

Ma vieillesse à venir illumine ma jeunesse qui s’en va

我的墨黑得把我情感的燈都照亮了

Mon encre est si noire qu’elle irradie mes émotions de lumière

我對自己問的那麼多問題令那些答案都飄走了

Je me pose tant de questions que s’envolent les réponses

情感的園丁、激情的泥土、愛情的肥料

Jardinier de sentiments, terreau de passions, engrais d’amour

你那狂熱的目光裹着我寧靜的軀體

La fureur de ton regard recouvre mon corps de sérénité

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Fuir l’horizontalité pesante et abrutissante, s’aventurer sur le chemin de la verticalité, se risquer à déplaire. Se fondre dans le ciel infini.
Être là.

José Corti | Souvenirs désordonnés

« Pendant plus de cinquante ans, j’ai rêvé un long rêve qui m’a révélé le bonheur; mieux même, qui me l’a positivement donné. Le plus cruel des cauchemars l’a anéanti. Plus que dépossédé, il ne me reste désormais qu’à attendre la suprême émotion du réveil. »

José Corti | Souvenirs désordonnés | Librairie José Corti | 1983

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Tourment(é)

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(ah), (à), (a) été…

 

 

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Derrière le vide, que reste-t-il? De merveilleux souvenirs je crois… Alors je reste là.
Être là.

[la] #14 | les anamnèses

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Le train s’est arrêté. Il était à l’heure, peut-être même un peu en avance. Il était arrivé en courant sur le quai, il était en avance. Il ne voulait pas rater son train. Personne ne veut perdre son train. Il croyait qu’il avait tout avec lui. Il pensait ne rien avoir oublié. Il se souvenait avoir bien préparé son sac. Il y avait jeté tout ce qu’il avait pu. En désordre. Ce n’était pas important, il aurait le temps de faire le tri. Oui, de trier. Son obsession n’était pas là. Ce qu’il voulait lui, c’était monter dans le train. Dans ce train. Oui, celui-là, pas un autre. Il avait tout préparé. Il avait acheté son billet longtemps auparavant. Il avait rêvé des nuits et des jours durant de ce trajet. De la destination. Il savait que c’était celui-ci. Les autres ne partaient pas là où il avait toujours songé aller. Et voilà. Il pensait que le jour était arrivé. Son jour. Il était là, debout, le sac à ses pieds. Il observait les portes qui s’ouvraient pour laisser descendre des individus sans visage. Du moins, ces visages lui étaient inconnus. Il n’y prêtait aucune attention particulière. Il rêvait seulement de son rêve. Suspendu. Au-dessus des bruits, des mouvements, de l’agitation. Il respirait fort. Le regard lointain. C’était le jour. C’était le train. Il le savait. Un sourire se dessinait sur ses lèvres, mais il ne le voyait pas. D’autres auraient pu lui dire, mais ils ne le regardaient pas. Ils étaient descendus. Ce n’était plus leur train. Les haut-parleurs s’étaient mis soudain à parler. À crier presque. C’était trop fort, inaudible. Il avait peur de quitter son rêve. Il ne voulait pas écouter. Il craignait qu’on le rappelle à l’ordre. Non, il ne voulait pas. Il souhaitait seulement rester enveloppé dans sa bulle. Il se sentait bien, il voyait défiler les paysages verts, les ruisseaux. Il ne pourrait éviter de traverser ces zones industrielles grises à l’approche des villes qu’il traverserait. Ce n’était pas grave, il serait dans le train. Il serait là où il avait décidé qu’il serait. Là. Et personne d’autre que lui ne l’empêcherait. Son sourire ne le quittait plus. Il en était sûrement devenu ridicule, même si personne ne remarquait sa présence. Il respirait toujours aussi fort. Il broyait de sa main la sangle de son sac. C’était presque douloureux, mais plus rien ne lui faisait mal. Plus rien ne lui serait douloureux parce qu’il se préparait à faire le voyage. Le voyage rêvé, désiré.
Quand une main se posa sur son épaule, il eût un mouvement de recul violent. Incontrôlé. Il avait peur. Il était tétanisé. Il finit par reprendre ses esprits. Se retourna pour voir l’homme à la main puissante. Il le dévisagea malgré sa vision imprécise. Il était gêné par le soleil, planté devant lui. L’homme le dévisagea. Il était petit, il l’avait imaginé gigantesque.
« Monsieur!
Monsieur… Vous allez bien? Vous attendiez un passager?
Il n’y a plus personne sur le quai. »
Il s’apprêtait à lui répondre lorsqu’il vit, au loin, au-dessus de l’épaule du chef de gare, le train s’éloigner lentement.
À tout jamais.
Il ne l’avait pas senti s’enfuir.
Ce train rêvé.
Son train.
Être là.

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Un jour, le soleil se leva et vint se poser délicatement à son zénith. Alors les hommes se levèrent et, ensemble, applaudirent. Ils étaient heureux. Enfin, ils avaient compris.

merci

Perles | Photo prise sur un marché, en Inde.

Je n’ai pas toujours le mot juste pour vous remercier. Je ne vous connais pas tous individuellement, malheureusement. Je vous devine seulement. Je vous aperçois. Mais, je peux vous dire que vos mots, vos passages, ici, me touchent profondément.

Merci.

[la] #13 | les anamnèses

Parfois, il parle seul. Il ne parle pas, il discute avec ses fantômes. Il prend la route, longtemps, pour s’entendre se parler. À lui. Sa vie est un voyage, mais sur le chemin, il comprend que c’est aussi la vie des autres. De ceux qu’il voit, de ceux qu’il rencontre, de ceux qu’il regarde et qu’il écoute. Il observe attentif, il est aux aguets. Cherche les bagages de ceux qu’il croise. Parfois on les lui montre. Souvent ils sont cachés. Mais lui, là, est sur la route. Il peut se concentrer, se remémorer. Le soleil se couche au large. Il le sent, le voit. On lui a dit et il l’a cru. Il est crédule, il ne sait pas s’il l’est ou s’il fait mine de l’être. Il ne s’en fiche pas, il doute, seulement. Oui, il doute. Il n’a plus aucune certitude. Il ne sait plus s’il est manipulé, s’il manipule, s’il est dans la grande manipulation de la vie. Trop de questions restent en suspens. Il scrute le ciel, oublie la route. Il compare les nuages à ses questions. Les nuages se déforment et se forment, comme ses interrogations, comme ses rêves. Il ne sait pas s’il rêve ou s’il est conscient. Il croit que peu lui importe, mais il n’en est pas sûr non plus. Il n’est sûr de rien. Ça l’horripile. Quelques fois, ça le soulage. Il file, sur la route, vers les nuages. Vers le soleil qui se couche. Il voudrait atteindre la plage. Pour s’y étendre, pour y écouter le ressac des vagues qui glissent sur la peau de sable. Il ne sait pas s’il atteindra la plage. Il s’en fout. Pour le moment, il roule. Il avance. Il en a l’impression. Ses pensées se déroulent au cours des kilomètres qu’il parcoure. Encore une fois, il ne sait pas où il va. Cette fois, c’est vrai. Il le sait. Il n’y a pas d’arrivée. Il ne connaît que les départs et les arrivées. Il sait qu’entre les deux, il se passe quelque chose. Il y pense. Sans arrêt, il y pense. Et puis, il mélange, il recompose l’entre deux. Il y voit des fleurs, des arbres, des silhouettes, des maisons. Il se souvient des habitats. De leurs formes, de leurs textures, de leurs couleurs. Certaines maisons semblent abandonnées. Ce ne sont que des images peut-être. D’autres, il croit y avoir vécu. Il ne sait plus. Son bagage à lui est là. Fermement ancré dans sa mémoire. Il recompose, oui. Ses souvenirs se trient eux-mêmes. Il ne fait presque plus d’effort pour revivre ce qui lui a échappé. Il roule. Il laisse défiler les pensées au rythme de sa course. Il ne se rappelle plus quand il est parti. Il ne veut pas savoir quand il arrivera. Il croit que c’est la vie. Elle a la même valeur. Imaginée ou vécue. Cela ne l’oppresse pas. Il perçoit qu’il est là, mais il ne sent pas son corps. Il n’y fait pas attention. Pourtant, le vent s’engouffre dans la voiture. Le vent l’absorbe dans son mouvement. Il est donc éveillé. Il ne savait plus. Il sent le danger latent de décrocher. Il sait qu’il est toujours sur le fil. Il ne tombe que dans ses rêves. Il le sait. Sa chute est terrible. Elle l’effraie et l’angoisse. Mais, conscient. Il ne chute pas. Il titube seulement. Il se reprend, ne se laisse pas aller. Il n’a pas le droit. On lui a dit. On attend de lui. Il ne sait pas ce que l’on attend de lui. C’est un mensonge sans doute. On préfère le conserver ainsi, titubant, hésitant. On n’a pas confiance en lui. Il n’a pas confiance en lui. Personne n’y est pour rien. C’est ainsi. Le mouvement est chaotique. Il se raccroche où il  peut. À ce qui dépasse, à ce qu’il voit, à ce qu’il peut. Il croit que les autres font de même. Il n’est pas fier de cela. Il aimerait les aider. Les arrêter dans leur chute. Mais il n’en a pas le contrôle. Il y a cru. Il s’en est persuadé. Puis, il a deviné, petit à petit, par hasard, que cela n’était pas possible. Il l’a assimilé. Cela l’angoisse, mais il ne peut lutter contre. Le mouvement continue. Avec ou sans lui. Il continuera. Avec ou sans lui. Les nuages s’éteignent. Le soleil a sombré quelque part. Il ne l’a pas vu partir. Il ne sait plus où il allait. La plage. Mais où est-elle? Il n’a pas regardé son chemin. Il s’invente des soucis, des problèmes. Il le sait. Il ne peut rien y faire. Il ne sait pas comment font les autres. Oui, les autres. Que font-ils? Eux. Il souhaite seulement être là.

Être là.

 

 

 

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Pur bonheur, allez vite écouter ici…

Dessine-moi un mouton | Gérard Philippe Antoine de Saint Exupéry

Un grand merci à Sylvaine Vaucher qui m’a permis de découvrir ce magnifique extrait du Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry lu par Gérard Philippe.

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Aujourd’hui j’ai très envie de pleurer. C’est comme cela, je crois que l’on ne peut rien y faire. Larmes de grand bonheur et de profonde tristesse, mêlées, les unes aux autres. J’espère seulement que j’y arriverai. Mais ça, c’est une autre affaire. S’effondrer pour grandir.

« Tu connaîtras la justesse de ton chemin à ce qu’il t’aura rendu heureux » Aristote, lu dans « derniers fragments d’un long voyage », Christiane Singer

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La journée se termine et la pluie bat son plein.

Apparemment, aucune corrélation entre les deux événements. L’éloignement et la solitude, la nuit et la pluie, me précipitent là où je ne veux pas chuter. C’est irrésisitible, il faudrait passer au travers. Lutter. Ne pas s’arrêter, passer son chemin. Ne pas s’écouter. Ne pas se laisser aller. De délicieuses formules maléfiques surgissent du néant et vous paralysent instantanément. Impuissance humiliante de ne pouvoir affronter l’ombre noire et glaçante qui vous absorbe intégralement. Accepter sa faiblesse horripilante. Être suffisamment lâche envers soi pour dissimuler ses angoisses. Être suffisamment lâche avec l’autre pour achever de se haïr. Ne plus lutter, se résigner. Encore une fois.

La journée se termine et la pluie bat son plein.

Être là.