La main et le regard, il n’est jamais question que de cela dans la vie, en amour, en art.
La vérité sur Marie, Jean-Philippe Toussaint. Les Éditions de Minuit.
Absparaître,
disparaître pour apparaître, ne plus être pour être soi.
Un petit pas de danse, avec des mots dénués de sens. Ne pas trop se prendre au sérieux. Surtout pas moi. S’égarer n’est pas se perdre. Le chemin se devine à peine, et il faudrait le suivre. Pas le temps de réfléchir, cela n’a aucun sens. Mais se croiser donne un relief. Sinon, pourquoi serait-on là? Pour se voir soi. Non sens et mauvaise habitude. Quelque chose se passe et on ne veut pas le voir, ni le croire. Qui saura nous dire que ce n’était pas vain? Les rencontres n’ont pas besoin de corps. La découverte si.
Le ciel de mes rêves est infini.
Petite tribune | 03 mai 2013
Dans la petite ville où j’habite, je passe quotidiennement devant une vieille grue en fer noir, insérée entre les voies de triage à l’arrière de la gare. Peu haute, elle servait à charger le matériel lourd sur le plancher des wagons. Massive, elle ne tourne pas sous l’effet du vent , même fort, comme celles haut perchées sont obligées de le faire pour ne pas basculer. À son pied, le ballast et l’ourlet circulaire de pavés sont teintés de rouille, marquant malgré elle, son emplacement. Lundi dernier, ma tête tourne naturellement du côté où je m’attendais à la trouver si régulièrement depuis maintenant plus de dix ans, mais elle n’y était plus, démontée, pour permettre l’installation d’un parking. Laissant dans le sol une cavité, il ne reste aujourd’hui qu’un petit cratère ourlé de pavés rouillés.
Dans l’entreprise où je travaille, X, vient de partir le mardi de cette même semaine.
Ces deux faits n’ont aucun rapport apparent entre eux, un lien ténu existe pourtant. On ne parle pas plus des démontages de vieilles grues de gare que des départs, tous deux relégués au rang de non-évènement. Tous deux laissent cependant un sentiment de vide, de quelque chose de familier et d’amical (oui, une grue peut avoir une présence amicale) et qui n’est plus là.
H
Seul un mot peut compléter cette tribune de mon ami Hubert: Merci.
«À force de tout voir, l’on finit par tout supporter. À force de tout supporter, l’on finit par tout tolérer. À force de tout tolérer, l’on finit par tout accepter. À force de tout accepter, on finit par tout approuver. »
Saint Augustin
Citation empruntée ici: AlmaSoror