Je vais revenir ici. Je n’avais, à priori, aucune raison de laisser cet espace en jachère. Depuis que je ne m’y arrête plus, j’ai perdu beaucoup. Je ne sais pas si je parviendrais à quoi que ce soit. N’ayant aucun objectif, je suis rassuré. N’ayant aucun regret, je suis apaisé. Rien à construire, personne à rassurer, nulle contrainte à éviter. Rien à craindre. Je n’ai aucune obligation à respecter, si ce n’est celle d’y être libre. Se soustraire aux tourments des mondes, retrouver ce temps et le reconquérir, retrouver une voix. Écrire pour penser et observer consciencieusement la vie qui défile. Je vais essayer de retrouver les possibles qui s’étaient ouverts ici, de croiser les rêves que j’y avais déposés.
Anamnèses & autres textes (dont Mauvaises Nouvelles) | version papier
Le livre Anamnèses & autres textes (dont Mauvaises Nouvelles) est aussi disponible en version papier depuis aujourd’hui.
Un grand merci à Jean-François Gayrard pour son travail (éditions Numeriklivres)
Pour commander votre livre en version numérique ou version papier, vous pouvez passer par ici: http://goo.gl/hwnfFE ou dans votre librairie de cœur.

Photo couverture Jean-Baptiste Fort (photographer)

Merci Emma (photo)
Anamnèses & autres textes | Xavier Fisselier, auteur
ISBN-13: 978-2897179212
Broché 106 pages – 13×20 cm
avant mort
absolument fasciné par ces deux morceaux et leurs vidéos. les oeuvres avant mort qui s’échappent de soi, les plus belles. la distance au monde.
magnifique
rip david bowie
note
On pourrait s’écrire pour ne rien dire. Se lire sans s’écrire, se laisser faire, glisser là où l’on aimerait se laisser aller si nous avions les yeux bandés et si nous pouvions ne pas y penser. Se lire sans s’écrire, s’écrire sans se lire parce que l’écriture est un autre leurre. Les mots ne sont pas universels puisqu’il faut les traduire. Traduire quoi! Vivre dépasse les mots. Vivre ridiculise l’absence. Les mots, non écrits, n’ont pas de frontière. Aucun talent n’est nécessaire. Ni aucune reconnaissance d’ailleurs. Les mots sont justes quand on ne les dit pas, quand on ne les écrit pas. Les mots se savent. Les mots sont là. Un langage silencieux. Une langue silencieuse. On sent sa présence à l’autre. On est là, l’autre est là. Un soi en somme. Lui dire est sans issue. Le dire est un échec.
Être là.
2015 & 2016
note – Yanaihara Isaku – Avec Giacometti – éditions Allia
Voyage chez les gens.
J’aime ce mot, gens.
Les gens. Tu es autant « gens » que je ne le suis. Tu fais partie d’un tout, moi aussi, nous aussi.
Ça n’a rien de péjoratif bien au contraire. Les gens sont ceux avec qui, enfin, vous croisez le regard, ou pas. Les gens, ce sont ces individus, ces hommes, ces femmes, ces enfants que vous regardez autour de vous, que vous regardez passer, défiler, surgir, disparaître, réapparaître dans vos vies, dans vos mémoires. Dans les yeux, les vôtres. Ceux qui sont greffés sur votre corps. Quel outil merveilleux les yeux : voir les gens. Vous sentir seul au milieu des gens qui sont peut-être seuls, ou peut-être pas. Qui ont leur vie à eux. Celle qu’ils aiment, celle qu’ils détestent. Ces vies qui sont souffrance et joie à la fois. Qui sont successions de moments. Des instantanés. La vie d’untel et d’untel. Celles que vous percevez et celles qui passent. Ni utiles, ni futiles. Je ne me sens ni plus ni moins proche, mais en voyage, et je me sens dedans. C’est une partie de ma vie, aussi vraie qu’elle n’est fausse. Et la vôtre. C’est, au milieu de nulle part, mais c’est là. Au milieu de nulle part mais tout à la fois c’est au centre de la vie, au milieu des autres, étranger à soi, étranger à l’autre. J’ai le sentiment que nous ne devrions être qu’étranger à l’autre, pour être curieux. J’aime regarder les gens. Pas seulement les filles comme cette chanson que j’aimais dans des années plus douces. « J’aime regarder »… les couples, les jeunes couples, les vieux couples. Les jeunes, les moins jeunes. Les gens qui vivent à un endroit. Qui aiment ou peut-être détestent l’endroit où ils vivent. Ceux qui se parlent, ceux qui s’ignorent. Ceux qui m’ont repéré les observer, ceux qui n’ont rien vu. Les écouter, quand c’est possible. Écouter leurs paroles volées. Voir leurs regards sans mot. Écouter le silence de leurs regards, et parfois les flammes de leurs regards éblouis par un soleil d’amour. Être au milieu, invisible. Écouter la musique des Rolling Stones en fond, avec le pas pressé des serveurs. Pourquoi sommes-nous réunis ensemble ce soir ? Que s’est-il passé? Est-ce le miracle de la vie? Penser à ceux qui ne sont pas assis là, physiquement; mais qui sont assis là tout de même, à côté et invisibles pourtant.
Être invisible physiquement et rayonnant ailleurs. Belle prouesse, humaine sans doute. Insurmontable parfois, rassurante quelques fois, souvent troublante, mais surtout inoubliable et passionnante. La distance kilométrique et physique est une vue de l’esprit. Elle ne change rien, absolument rien. Croyez-moi. Pas d’espace, pas de temps. La distance temporelle est aussi une vue de l’esprit. Elle ne change rien non plus. Ce qui compte, uniquement, c’est le « croisement ». Ce mot est horrible mais je n’en ai pas trouvé d’autres. Le point de contact. La mise en relation. Le moment où. Dans la réalité, dans la virtualité. Il y a un point de contact, un point d’accroche. Ce moment, minuscule point, celui de l’intersection. Celui qui fait tout. Celui qui fait que deux droites, mêmes torses, se croisent, se relient. C’est étrange ces vies « droites » qui se croisent. Qui entrent en contact. Par un mot, un regard, une voix, une absence, une sensation. Mais ces points qui restent gravés en soi, quelque part. Là où l’on ne sait entrer vraiment. Est-ce cela la vie? Des parallèles inconnues et quelques intersections qui restent gravées par ces minuscules points d’impact, de joie et de tristesse pour n’en citer que deux. Et tout cela sur un tapis roulant dont on ne voit que trop le bout. Une vie droite pleine d’intersections qui perdurent et ne se laissent aller. Et ces déceptions. Quel horrible mot: déception. Je suis déçu. Tu m’as déçu (le pire de tous). Quelle est son origine? Je n’ai pas le courage de chercher. Je le vis seulement, en appréhendant ses retombées. Déçu de quoi? De qui? Pourquoi? Quelle connerie! Pourquoi sommes-nous stupides pour décevoir et se décevoir. Cela n’a aucun sens si ce n’est donner du sens à des vies qui n’en ont pas. Les vies sont, et c’est tout. Ni glorieuses, ni décevantes. Elles sont. Parce qu’elles ont existé au milieu d’autres vies. Certaines perdurent un peu plus seulement, mais elles n’en sont pas plus importantes ni moins importantes. Elles sont. Avec leur degré de folie et d’inconsistance. Aucune n’est consistante, rassure-toi. Et toi, et moi au centre de ce tourbillon. Tu te souviens de moi, je me souviens de toi.
Il faut se dire « je t’aime ». C’est un devoir universel, une règle qui ne s’impose pas, mais une règle en soi. Une règle qui ne s’explique pas mais qui explique tout. Dire « je t’aime » à tous ces croisements de droite qui ne dépendent ni de toi, ni de moi. Ni de Dieu d’ailleurs. Parce que nous sommes toujours deux, seulement deux, à un moment donné, dans un lieu indéterminé. Là. Ici et maintenant.
Parce que je l’ai compris. Grâce à toi. Qui a croisé ma droite sans forme. Pas de chemin, pas de trace. Seulement la trace d’un avion qui passe dans le ciel et qui s’efface. Mais toutes ces traces ont existé. Comme toi. Comme moi.
Le bonheur d’une vie.
Le bonheur d’une inconsistance évidente mais consciente. L’universalité d’une pensée inconsistante.
Le voyage parmi les gens, les gens parce qu’ils comptent. Tous.
Ne vous leurrez pas, aimez-moi est universel. Enfin je crois.
Et si on se trompait de chemin?
Et si on se trompait de chemin?
Et si on se trompait de combat?
Et si on l’admettait?
Combien de chemins pour un nouveau combat?
Combien de combats pour un nouveau chemin?
Ce n’est plus une question politique, seulement une question de conscience…
Humaine…
Si nous sommes aveugles, s’ils sont aveugles, la conscience, elle, ne l’est pas.
Conscience de l’autre, conscience de l’être au monde.
Réflexion d’un inconscient anonyme en quête.
note
Markus Lüpertz, Pierre Edouard & Fabrice Hergott | Paris
Pierre Édouard et Markus Lüpertz – Paris avril 2015
Rencontre de Pierre Edouard et Markus Lüpertz à l’occasion de l’attribution du Prix artistique 2015 de la Fondation Simone et Cino Del Duca et du vernissage, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, de la rétrospective consacrée à Markus Lüpertz (né en 1941 à Liberec), artiste majeur de la scène allemande.
Du 17 avril au 19 juillet 2015, au MAM : rétrospective Markus Lüpertz
Prix artistique 2015 de la Fondation Simone et Cino Del Duca
Grand Prix artistique – sculpture | Markus Lüpertz, lauréat 2015
Le Grand Prix artistique de la Fondation Simone et Cino Del Duca, doté de 100 000 €, récompense l’ensemble d’une carrière d’un artiste de dimension internationale. Il a été attribué, sur proposition de la section de sculpture de l’Académie des beaux-arts, à Markus Lüpertz, figure majeure de la scène artistique allemande.
«Le Grand Prix artistique de la Fondation Simone et Cino Del Duca, doté de 100.000€, a été attribué au peintre et sculpteur allemand Markus Lüpertz.
Ce prix récompense l’ensemble d’une carrière artistique de dimension internationale. Markus Lüpertz est d’origine tchèque; il a étudié à l’école des beaux-arts de Krefeld et de Düsseldorf, avant de s’installer à Berlin-Ouest en 1962. C’est à cette époque qu’il crée la galerie Großgörschen 35 avec Bernd Koberling et Karl Horst Hödicke. Il a également enseigné à l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe et à celle de Düsseldorf, qu’il dirige en 1988. Markus Lüpertz fait partie de cette génération d’artistes allemands d’après-guerre proche de Immendorff, Baselitz, Kiefer et Penck. La Fondation Simone et Cino Del Duca décerne aussi un prix de confirmation, dans la section peinture, doté de 25 000 EUR. Cette année, l’artiste Marc Desgrandschamps a remporté ce prix, qui récompense des artistes plasticiens européens, ou résidant en Europe. Ces deux prix seront remis aux lauréats le 18 novembre, à l’occasion de la séance solennelle de l’Académie des Beaux-Arts. Markus Lüpertz est actuellement à l’honneur avec une grande rétrospective au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.»
Connaissance des arts | Signature : Lara Tournemire – 20 avril 2015
Vous pouvez aussi découvrir les oeuvres de Markus Lüpertz ici:
Avec Fabrice Hergott, directeur du MAM, Musée d’Art Moderne de Paris
note
« Je n’ai écrit que pour toi. »
Anonyme
Sainsbury Center for Visual Arts | Charles Maussion
soumission | michel houellebecq
Devrais-je avoir honte (ou peur) d’écrire ici sur mon blog – espace personnel partagé – que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission?
Je me suis interrogé… Peut-être devrais-je garder mon opinion pour moi? C’est vrai, personne ne me l’a demandée. Peut-être serait-il préférable de ne plus partager mes goûts, mes colères, mes coups de gueule, … mes silences par ici et par là? Ne serait-il pas plus intelligent de s’autocensurer, de la fermer, de disparaître. Pour ne choquer personne, ne peiner personne, ne s’attirer les foudres de personne… disparaître plutôt que s’exposer. Faire silence et créer dans l’ombre. Les mots ont un pouvoir si puissant, incontrôlable qui échappe parfois (souvent) des mains de son auteur.
Ce n’est sans doute ni le moment, ni le lieu pour en parler; je n’en sais rien, mais il me semble que cela n’a pas beaucoup d’importance non plus. Alors plutôt que d’en parler mal, avec des mots maladroits, lisez-le si vous en avez l’envie et faites-vous votre propre opinion. C’est plus sage ainsi.
Et puis, vous êtes libres… Non?
Anamnèses et autres textes | Éditions Numeriklivres
“Anamnèses et autres textes” by Éditions Numeriklivres, plus d’informations:
Photo : © Jean-Baptisite FORT PhotographerRésumé
Anamnèse [anamnɛz] nom féminin (grec, de ana « de bas en haut » → et mnêsis « mémoire » ; cf. amnésie) ■ didact. Retour à la mémoire du passé vécu et oublié ou refoulé (s’oppose à amnésie). « Faire remonter les souvenirs. » Le Petit Robert.Nos souvenirs sont-ils de simples rêves qui nous habitent comme des fantasmes, ou sont-ils la chair et le sang qui nous composent, la glaise qui modèle nos pensées ? Et tous nos actes manqués, sont-ils condamnés à ne pas être, ou existent-ils par le souvenir qu’on garde de ce qui aurait pu être ?
Xavier Fisselier, d’une écriture très introspective, et toujours pleine de cette délicatesse poétique qui le caractérise, nous force à un voyage de mémoire, de cette mémoire intime qui souvent resurgit quand on regarde derrière soi, pour tenter d’appréhender le temps passé. Qu’en restera-t-il, de ce temps qui passe ?Du même auteur
Mauvaises nouvelles, fiction, Numeriklivres 2013













