J’ai le plaisir d’accueillir ce texte de Jeanne dans le cadre des vases communicants du mois de juin. Vous pouvez la suivre sur son blog Babelibellus où mon texte est posé aujourd’hui, http://babelibellus.free.fr/
du plomb dans l’aile
il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper
tu es parti ce matin en laissant le lit défait
en rentrant tout à l’heure, n’ai retrouvé que ce lit
plus traces de toi si ce n’est dans ces plis de drap
j’avais lu dans le jour la pause des nuages
j’avais cru y apercevoir un horizon
(parfois, tu construis des châteaux en espagne
tu te projettes déjà dans une boutique
– meubles, étagères, couleurs, lumières –
puis tu t’aperçois qu’il te faut changer tes plans..
parfois..)
il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper
ce matin, ou un autre jour peu importe
tu n’es pas là ce soir.
silence sur mes mots.
je n’étreins que les draps.
me suis levée pour regarder les nuages
tout le jour.
j’y ai croisé mon humeur
grise, maussade
quelques éclaircies..
dans un froid
sans toi
j’ai parcouru les rues
sans ton sourire
puis j’ai senti ce vent qui immiscait le blanc
le blanc des nuages
nuages..
désir d’ailleurs..
d’horizon bleu..
alors j’ai dérivé
dérive..
que file la barque vers un océan
file..
que se tisse le coton
tisse.. que s’esquisse le rêve
et
dans mes draps défaits
que je puisse
enfin
dormir d’un sommeil de plomb
la tête dans les nuages
il faut lester les rêves