L’écriture n’est que correspondance.
La volonté n’est pas d’écrire, non, ôtons-nous cette idée. Nous correspondons, nous nous accordons. Accord. Mélodie. Avec qui…?, l’objet de la correspondance n’est sans doute pas seulement là. Il flotte, comme ce nuage. On peut le voir, l’avoir vu, comme l’on peut tout aussi bien être passé à côté. Sans le voir, ou pis encore, en feignant de ne pas le voir ou l’avoir vu. Écrire, accoler des mots entre eux, n’est pas un exercice de l’esprit mais un débordement du coeur. L’esprit n’est là que pour respecter les règles, logiques, d’une grammaire imposée. Mais le fond, la source, l’origine, ne découle pas de l’esprit. Le style peut-être. Malheur à celui qui n’a pas de style. Les portes se refermeront devant lui. Vous écrivez et vous pensez. Mais à qui(s) pensez-vous? Ne vous offusquez pas, croyez. Nous correspondons, et si nous nous correspondons, alors ces mots sont à vous. Vous qui savez, gardez-les précieusement auprès de vous. Pour vous. Ne cherchez pas plus loin, faites vôtre ce que vous voyez, ce que vous sentez, ce que vous ressentez. Quand vous observez une photo, un croquis, une toile. Quand vous écoutez une musique, une fois, ou en boucle. Quand vous lisez. Quand vous comprenez enfin que c’est aussi pour vous. C’est aussi pour vous. Oui, pour vous. Nous correspondons. Vous voyez ce nuage rose. Oui, vous le voyez. Et il est là, pour vous. Vous. Parce que cette correspondance, cet accord, entre nous, est là. Nous sommes ensemble juste maintenant, là. Et, le mystère se dévoile ainsi, entre nous. Oui nous correspondons et vous correspondez. Nous nous accordons, même si nous fuyons. Les coeurs s’unissent, pas les esprits. Pas l’intelligence. L’intelligence désunit et manipule. Laissons-nous seulement porter. Ne cherchons pas ce qui n’a pas lieu d’être. Être tout simplement simple. Être là. Et vous le savez. Vous le savez parce que vous êtes là, et pas ailleurs.
Vous me correspondez, mais peut-être, feignez-vous de le savoir?
Être là.
Archives pour la catégorie Note
note
Encore égaré quelque part, au loin, entre deux atmosphères. Pas le temps de comprendre, pas le temps d’identifier. Seules des couleurs imprimées, qui surgissent de jour comme de nuit, nuit et jour. Égaré sur un planning, sur un agenda qui se remplit seul. Un agenda accessible à tous, par sécurité. Pour pouvoir se saisir au vol. Que dit-on autour de moi? Puis-je m’asseoir avec vous? Écouter vos histoires, l’histoire de vos vies, vos envies, vos désirs, vos peines et vos souffrances. Que faites-vous là vous aussi? Vous aviez rendez-vous avec quelqu’un, quelque part? Où allez-vous après? Est-ce vraiment important que vous y alliez? Vous posez-vous des questions? Lesquelles? Aidez-moi. Donnez-moi une piste! Y a-t-il un sujet sur lequel vous n’ayez pas trouvé de réponse? Peut-on en parler ensemble? Peut-on parler ensemble? Pourquoi y pensez-vous? Ne serait-il pas plus facile de ne plus y penser? En avez-vous envie? Pourquoi en avez-vous envie? Les problèmes sont-ils tous les mêmes? Ne s’agirait-il que d’un doute de traduction? Une confusion? êtes-vous sûrs de vous? Avez-vous confiance en vous? Avez-vous confiance en moi? Pourquoi? Que vous manque-t-il vraiment? Le savez-vous? Vous posez-vous la question? Vous posez-vous les mêmes questions où que vous soyez? Ne jugez pas, exprimez-vous seulement. C’est impossible me direz-vous. L’est-ce vraiment? Qu’y a t-il de possible et d’impossible? Est-on le même ici ou ailleurs? Où le mouvement général nous entraîne-t-il? Faut-il se mêler à la foule? Qui veux-je écouter? Peut-on seulement prendre un peu de temps pour se regarder et s’écouter?
Puis, ne rien se dire. Ne plus rien se dire. Se poser les questions et lancer au vol des réponses. Attendre, assis n’importe où, devant sa table de cuisine ou dans une hutte perdue au fin fond de la forêt. Ne plus se poser de question? Ne plus déranger?
Mais, partager. Partager ce qui reste. Partager ce qui a été. Partager ce qui sera… Être là.
note
note | viens t’asseoir
Les bancs publics nous rappellent que l’homme a existé. Tu es libre de t’y asseoir et d’oublier ce qui te chagrine. Tu peux aussi t’y arrêter et voyager avec moi. Je mourrai avant toi, alors tournons-nous et regardons.
Invitation au silence et à la contemplation. Trop de bruit ici. Il faudra revenir, après…
note
note(s)

Ne rien comprendre à rien est fondamentalement handicapant mais si amusant.
Cette avancée irrémédiable vers ce je ne sais où… Que se passe-t-il vraiment entre le début et la fin? Est-ce dont cela? Le milieu, le entre deux. J’ai un peu de difficulté à en comprendre le sens si sens il y a… Ne sommes-nous pas ceux qui ont inventé des justifications d’existence entre la naissance et la mort? Le vivre est une chose, lui donner un sens est une autre chose. Se poser des questions s’apparente presque à une faiblesse d’esprit finalement. Aucune importance. Peu importe. Néant consolateur.
Nous sommes manifestement inachevés. Si la vie future devient numérique. Nous n’aurons plus le désir de rien. Les matières n’auront plus lieu d’être. Sentir le grain d’une peau, toucher l’écorce. Humer. Laisser filer l’eau glacée entre ses doigts… Comment et pourquoi le numériser? Pour laisser une trace de souvenir?
Éphémère effet mère
Perceptions hallucinatoires: Je crée un monde dont tout le monde s’échappe en courant. Mauvais rêves. Systématique répétitive.
Changeons nos visions. Ni virtuel ni réel. Seulement possible.
Avant de vous enfuir, passez lire fermer les yeux.
note | les mains sur le visage
« Qu’est-ce que l’acte de création?
Un créateur, c’est pas un être qui travaille pour le plaisir. Un créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin. […] Seul l’acte de résistance résiste à la mort, soit sous la forme d’une oeuvre d’art, soit sous la forme d’une lutte des hommes. […] Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes sensés devoir croire. »
Conférence de G. Deleuze donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis (17/05/1987) | lire ici
note
Mon identité numérique voyage plus que mon propre être. Serait-ce le début du don d’ubiquité tant recherché? Une éphémère permanence? Quel avenir nous réserve la trace numérique? A-t-elle vocation à s’effacer, disparaître? Peut-on percevoir un être par sa trace numérique qui file dans cette nébuleuse sans frontière physique ni temporelle?
Se retrouve-t-on un jour?
note
note
Constatant mes échecs et manques de discernement répétés tant personnellement et intimement que professionnellement, j’entrevois un semblant d’espoir avec l’observation d’un temps de silence et de réflexion.
Je désire (j’aime ce mot) me concentrer sur l’étude des connexions entre divers phénomènes qui m’intriguent et me passionnent dans mes relations à autrui et à l’univers (matériel) en général.
Perception, conscience, architecture (espace), art (création), temps, identité, sensibilité & sens.
La perception est sans doute le fil conducteur majeur de cette quête.
Si vous me lisez et si ce projet vous amuse, alors, s’il vous plaît, aidez-moi.
Je n’ai ni connaissance précise ni formation pointue, aucune méthodologie, aucune référence universitaire, je dispose seulement d’un profond désir d’apprendre et de découvrir et, d’un tout petit peu de bon sens, bien terre à terre.
Vous êtes les bienvenus.
note
[la] #12
J’aime bien le train, même à grande vitesse. J’aime être assis là, sans rien faire, à regarder, écouter, sentir.
J’aime ne rien faire. J’adore ne rien faire. Mais je n’aime pas toujours ce que je regarde, ce que j’écoute, ce que je sens dans le train. Je crois surtout que j’aime y être bercé. Même à grande vitesse. Un inconnu parmi des inconnus qui se regardent, s’écoutent, se sentent, plus ou moins discrètement. J’aime voir que certains ont beaucoup de respect pour les autres alors que d’autres se croient seuls au monde et se fichent bien d’importuner leurs voisins. J’aime cet équilibre entre douceur et férocité. Tout peut avoir lieu, chacun avec ses croyances. Se défendant bien d’être comme l’autre. On pourrait se révolter dans un train. Se soulever ensemble contre n’importe quoi, ou pire, contre n’importe qui. On ne le fait pas. Dans l’avion non plus on ne le fait pas. Mais dans l’avion, nous ne sommes pas bercés. Et puis dans l’avion, même si l’on n’a pas peur, on a peur. On ne comprend jamais vraiment bien comment l’on peut être suspendu là-haut, dans ces tonnes de ferraille.
Non, le train, ce n’est pas la même chose. Les voyageurs sont différents. Le temps y est différent. Et puis, on suit une ligne, tracée, qui ne bouge pas, qui ne change pas.
L’homme nouveau dans le train est exécrable. Il parle dans son téléphone et casse tout le charme du voyage.
Mais j’aime bien le train, même à grande vitesse. Et je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui ne sont pas là avec moi avec qui j’aimerais être.
note
Fait-on ce que l’on fait pour être heureux? Pour rendre heureux? Les deux à la fois. Ne sait-on jamais vraiment?
Cependant, on est capable d’engendrer tant de peine autour de nous. Tous les pas sont des faux pas, voire des « faut pas ».
On est rien, on vit, on « devient », on vient de la minute d’avant pour courir à la minute d’après, entre temps, nous n’avons rien décidé. Cela s’est passé.
Il faut aimer pour ne rien oublier.














