Cela donne matière à penser. Mais, quelle matière? Quelle consistance à cette matière? Et par là même quelle consistance ont nos pensées? Je suis une monade béante enfouie dans la monade des monades. Sans doute déjà mort alors, dilué dans les temps du temps. La journée se termine. Ou peut-être commence-t-elle? Je voudrais seulement dormir un peu. Un jour je ne tiendrai plus debout. Croire? En soi! Ridicule! Futile! Aucune de nos actions n’est raisonnable. Croyance ou foutaise. Nous ne sommes pas dotés de raison. Nous nous sommes mentis. Rage et colère. Hurlement nocturne inaudible.
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note | la croisée des marelles
Je découvre ce matin cette magnifique composition de Louise Imagine et Aedificavit, sans autres mots superflus à ajouter je ne peux que vous inviter à aller la découvrir ici: La croisée des marelles, XVIII
Magnifiques photo et voix
de @louise_imagine avec le superbe texte d’@Yzabel2046/ @AEdificavit spéciale dédicace à @jean_yvesf
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Note
Je marchais d’un pas assuré vers ce destin que j’ignorais. Soudain, mon ombre s’est effacée.
D’un coup s’est dissipée, emportant avec elle mes rêves et réalités. Je compris à cet instant que mon ombre n’était que le reflet de mes songes. Je ne le savais pas. Rechercher le soleil, sortir de ma caverne. Peut-être alors retrouverais-je la trace abandonnée de ce clair-obscur omniprésent. Devant moi, derrière moi, à mon côté.
Quand la lumière s’échappe, alors la vie s’estompe.
Je n’aurais jamais dû négliger cette discrète présence.
Je ne pensais qu’à moi.
Je ne le voyais pas.
Je ne le comprenais pas.
Mon ombre s’éclipsa, il ne faisait pas nuit.
Dorénavant j’oserai dire que je suis l’ombre de moi-même.
Âme, corps & ombres composent cette unique mélodie pour ne pas s’égarer.
Il n’y a pas de chemin, seulement des ombres imprimées.
note | bhagavad-gîtâ
La Bhagavad-Gîta | Chapitre 12ème | La voie et le bhakta, 12
Albin Michel (édition présentée et commentée par Shrî Aurobindo)
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En proie à cette violente colère envers moi-même, je dois naviguer vers l’épicentre de ma tempête. Cet endroit reculé où tout a commencé, au fin fond de mes émotions. Parvenir à cette geôle où je me suis claquemuré, il y a déjà si longtemps.
Peu importe si le voyage est sans fin, je ne peux que poursuivre cette entreprise. Atteindre cette paix intérieure est vital.
Très en colère envers moi-même.
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Mon ombre sombre dans la pénombre de mes décombres.
Mes songes s’entremêlent à mes souvenirs, mais je reste posé là. Fixé à jamais sur ce socle sans fond. Immobile, je n’ai plus rien à exprimer ni espérer. Le Maître a fini son ouvrage. Il n’a plus rien à y ajouter, plus rien à y soustraire. Et, cependant, il devine qu’il y a déposé un fragment de son âme, pas toute son âme, il la réserve à d’autres rêves, d’autres oeuvres. Pendant ma genèse, ma naissance à la lumière, j’étais vivant. Je sentais l’amour de son regard sur moi, comme le regard attendri d’une mère sur son enfant. Mais tu devais survivre.
J’ai été posé là, vendu, acheté, oublié, revendu, sorti de l’ombre et des décombres pour être exposé là.
Au milieu de rien.
Au milieu de tout.
Loin de toi.
Mes traits se sont tirés.
Figés à jamais.
Depuis le jour où j’ai été abandonné dans ton atelier. Déposé parmi tes images créées par tes mains et ton regard profond.
Dans ton atelier.
Ton atelier où je suis né.
L’atelier où tu m’as façonné à ta pensée.
L’atelier où je t’ai fasciné, où je t’ai obsédé.
Retiré, éloigné, arraché d’ici. Je ne pouvais ni crier, ni t’appeler. Tu devais créer. Tu vivais une idée, née de tes pensées.
Je me suis figé.
Et je t’ai regardé.
Mon ombre sombre dans la pénombre.
photo (xf): Rodin | Museo Soumaya ~ México
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Dans nos absences,
Dans nos silences,
Sans différences,
L’appel des sens,
Seule la présence,
De notre essence,
Éminence,
Quintessence.
Fuir nos absences,
Nos références,
En silence.
Une seule et unique conscience.
Une seule et unique évidence.
Dans les silences
de nos absences.
Enfance,
Puis descendance.
Les mêmes silences,
Les mêmes absences.
Évidence,
Puis dépendance.
Une occurrence.
Fausse apparence,
Fausses circonstances.
Nos ignorances,
Nos errances,
Et nos absences,
Tancent
Nos silences.
Et dansent
Nos absences.
Une violence,
Désespérance.
Les mêmes silences,
Les mêmes absences.
Une même souffrance,
Une évidence.
Mais le silence,
N’est pas absence.
Une évidence,
Pas une croyance.
Dans nos absences,
Dans nos silences,
Future naissance,
Nos espérances.
Une évidence…
Même le silence,
N’est pas absence.
Note
Je ne suis ni ce que je pense que je suis ni ce que j’aimerais que je sois ni ce que j’ai cru que j’étais. Je ne suis que la bribe d’un être éphémère sans fond, posé là, à la forme grise et vieillissante.
Nous ne voyons pas tous les mêmes choses?
Nous ne sentons pas tous les mêmes choses?
Nous n’entendons pas tous les mêmes choses?
Nous ne percevons pas tous les mêmes choses?
Mais la réalité du monde est-elle véritablement différente pour chacun d’entre nous?
La vie de chacun certes est différente mais la réalité qui nous entoure, l’est-elle vraiment?
Aucune réponse à l’instant présent. Seulement une interrogation.
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le dormeur du val | arthur rimbaud
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.Arthur Rimbaud.
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la [#11]
La route est étrange. Son dessin n’est pas tracé, il est en pointillé. Il se perçoit à peine à l’oeil nu… Mes pas tâtonnent, et le reste de mon corps suit mes pas. J’ai perdu tout contact avec la réalité. À force de rêver et de ne plus distinguer le rêve de la réalité je me suis tapi dans un refuge sans issue. Pure construction mentale. Mes rêves ne se mélangent qu’aux rêves des autres, mais ces derniers s’échappent avant le terme. Malgré leur disparition soudaine, je les garde avec moi et leur donnent une autre vie. Mais, ce n’est plus le partage ludique de l’enfant. Mon rêve ne doit pas y être si beau. Il ne vit que par la grâce de l’autre. Je tente vainement qu’il flotte sans s’effondrer, vaporeuse illusion, mais les parties se disloquent une à une et je n’arrive plus à le recomposer. Le réveil est redouté. Dormir pour toujours, étendu là, sans souffle, comme le dormeur du val. Ma réalité n’est-elle pas la vôtre? Ne voyez-vous pas comme moi ces pantins qui s’agitent? Vous le saviez vous que rien n’était réel? Vous me l’avez dit, vous me l’avez soufflé, une nuit, au creux de l’oreille. J’en suis sûr. Je ne puis plus descendre de la branche où je suis perché. La scier serait me couper d’un idéal que j’avais échafaudé avec vous. Vous étiez sereins, là-haut, dans le vent et la lumière. À la dérive. Au gré. C’était plus facile, plus joyeux, plus soyeux. Seul un rai de lumière suffisait. Une note pure guidait le songe. Serait-il insensé de nous y perdre? Je vous accompagne. Les croyances sont tristes. La logique inappropriée. Il n’y a aucune raison de croire en ce qui n’existe pas et, cependant, vous m’avez rejoint, là où vous ne vouliez vous aventurer. Croire en ce qui existe était aussi une lubie. Vous le saviez aussi? Alors pourquoi? Quelle attraction si forte peut vous retenir là où nous tous sommes aveuglés? Que diable se passe-t-il? La déconnection est totale lorsque l’on s’y lance à corps perdus. Les pas y sont incertains mais l’enjeu est légendaire. Surfer là où il n’y a pas de substance. Aucune explication valide valable. La « liberté libre ». La spirale étourdissante du vécu décomposé. La perte du repère inconsistant où seuls les mots et les images prennent un sens véritable. L’absence au possible, au réel démystifié. Juste dans le sens du mouvement des étoiles. La brillance incorrecte qui ne laisse que le fil d’une vapeur d’eau qui s’étiole, et disparaît pour surgir à la vie là où l’on ne l’attend plus. Le voyage ne se termine, il suffit seulement de s’y greffer, sans attente. Le jeu est dangereux, parce qu’il n’en est pas un. Ça aussi vous le saviez. Vous saviez que la folie était si proche de la sagesse qu’on ne pouvait se résoudre à y croire. Le rêve ne s’épuise jamais. Il est là. On s’y rejoint parce qu’il est la seule et véritable expression du réel qui n’adviendra peut-être jamais. Peu importe, cela nous était égal. Parce que le réel appartient aux autres, à ceux qui donnent des règles, des limites, un cadre. Une raison d’être, aussi stupide que serait de définir une raison de ne pas être. Rien ne tient debout par la volonté de chercher des explications. Même quand nous ne serons plus, nous aurons été, et nous serons. Le passage était trop furtif pour lui donner une explication. Nous errons d’une réalité à une fiction, d’une fiction à une réalité. Spectateurs, acteurs drogués par ce même songe. Alors, non ne nous essoufflons pas à courir vers la mort. Elle est dejà en nous. Elle a été définie dès le premier instant, aussi éphémère que la réalité d’un rêve non achevé. Aucune importance à accorder, il n’existe pas de lieu plus serein à celui que nous imaginons être sans y être. Ne me lâchez pas la main, je vous en supplie. Je ne vous demande pas d’y croire, seulement d’imaginer que ce songe est aussi réel que vous ne croyez l’être.














