note

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Je n’ai pas eu le temps de lui dire et j’y pense encore. Le temps n’existant pas, c’est autre chose qui m’a manqué. Je n’ose l’avouer alors.
Éloge de la joie de se lire dans la discrétion la plus absolue. Les intimités croisées.

Entretien avec Anita Berchenko, éditions Numeriklivres sur les Mauvaises Nouvelles

Entretien avec Anita Berchenko, editions Numeriklivres sur les Mauvaises Nouvelles.

l’herbe des nuits, Modiano

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Mais, après tout, les vraies rencontres sont celles de deux personnes qui ne savent rien l’une de l’autre, même la nuit, dans une chambre d’hôtel.

P. Modiano, L’herbe des nuits, Gallimard

note

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Nos vies qui se croisent… Souvenirs et rêves.
Seule la rencontre serait réelle?
Aucune certitude.
J’ai sans doute perdu le fil… fragilité de l’équilibre du funambule. Revenir ou s’éloigner, comme une onde improbable.
La conscience comme une vague.

Tête bras jambes corps Antoni Tàpies

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#Lire | Pas Dieu possible | Sylvain Chantal

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Pas Dieu possible, Sylvain Chantal – Éditions Goater

ciel du jour

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S’affranchir des secrets de famille, percer les mystères, ne plus fuir. Oublier son éducation religieuse. Apprendre à penser par soi-même.Je ne suis pas fier de nous.
N’écrire des ToDo listes que des choses humainement importantes. Oublier le reste, on voit où cela nous mène. Ajouter une pointe de rêve.
Et ici, nous, c’est moi et l’hôte de moi.
Vous savez, je ne suis pas très fier de vous non plus.

course folle | allerarome | #vasescommunicants

Je courrai si vite, si loin que même le vent ne me rattrapera pas . Je courrai si vite que le paysage ne sera plus qu’un étirement de lignes autour de moi , une image brouillée , une trace infinie. J’irai si loin. Je ne serai plus qu’une course folle. J’arriverai tout au bout de ma course, il le faut. Ne pas tomber . J’apprendrai alors à rallumer les étoiles. Je retrouverai les histoires, les malices et les sourires des enfants. Les enfants sourient peu souvent . Leurs lèvres empressées d’un bonheur soudain et joyeux laissent tout de suite éclater le rire. N’y a t-il rien pour les enfants entre leurs mines apeurées et leur rires bruyants ? Je courrai si vite vers la mer, là où il faut consentir au mouvement incessant de son va et vient, être comblé puis abandonné. Ce battement qui rythmait les peurs et les joies de l’enfant, le regard perdu dans l’infini du lieu et du temps. Là, pas là.

Un espace dénudé, sans autres ombres que celles des nuages projetées par le soleil dissimulé. Je courrai sur les sables secs ou mouillés, je m’y laisserai tomber à nouveau et les grains de sable et le chaud sur la peau attesteront encore : être au monde. Les grains et le chaud caressant ou mordant jusqu’au profond de la chair qui vivait du même battement que la mer. Une course effrénée, les yeux éperdus comme des papillons en pleurs ; la poitrine se soulève jusqu’à son point d’attente , une mer disparue , une suspension d’avant le retour , puis une expiration . La mer a toujours fait battre mon coeur et mon corps au rythme de ses retraits et de ses retours, au rythme de ses abandons et de son immensité revenue. Elle bat encore en moi, de tout mon être, et je bats la mesure avec elle, mon tempo de vivant .

Je bats le temps perdu, celui qui court après moi et me défait , qui me tourmente et creuse d’autres vides, dans la peau et dans le coeur. Je courrai si vite parce qu’il n’a pas pu tout emporter.

Puis je mourrai d’un oeil seulement et de l’autre je regarderai la mer s’échouer inlassablement à mes pieds. Je guetterai je ne sais quel retour impossible , je ne l’ai jamais su mais le guetter m’apaise. Mon attente s’enracine ici, les pieds enfoncés dans ces grains, et sous le sable, les peurs enfouies des enfants et leurs trésors cachés. Qui donc nous abandonne sur le littoral pour que toute une vie ne suffise pas à attendre et l ‘épaisseur d’une angoisse sans fin, qui ?

Je courrai si vite que même toi tu ne me rattraperas pas, toi qui court une autre course que la mienne , qui t’épuises à chercher un chemin à toi seul ouvert .

Toi, cet enfant que je tiens précieusement au bout d’un fil sans fin, comme un cerf volant , envole toi dans le vent et ne me reviens pas même si je t’attends. Poursuis ta course folle et surtout ne tombe pas. Je veux juste que tu voles aussi haut que tu veux, aussi loin que tu peux . Je tiens à toi par un fil si long que tu ne me verras pas, et mon regard t’aura perdu. Je déroulerai le fil autant qu’il le faudra pour que ton vol t’emporte jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un point dérivant au milieu des nuages, au milieu de tes rêves.

Et je courrai, oui, jusqu’au bord pour voir encore les châteaux de sable décorés, puis emportés sous les yeux des enfants.

Je courrai si vite tous les kilomètres qu’il me reste à aimer .

Heureux de retrouver à nouveau vos mots ici allerarome, et merci à vous de m’acceuillir sur votre litorral.

crises & licenciements

 

De « crimes & châtiments » à « crises & licenciements », quelle époque.

Vivre au quotidien.

Si vous le souhaitez, laissez vos commentaires, vos textes ici, sur ce thème. Ce n’est surtout pas un débat politique ou économique. Non, seulement vos mots, sensations, émotions, perceptions… Si vos textes sont plus longs, envoyez-les moi par mail, je les publierai sous cette rubrique.

Et, qui sait? Nous pourrions peut-être en faire un petit recueil. Vous êtes invités à partager vos impressions ici.

Promenade dans un parc | Louis Calaferte

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Extrait de Promenade dans un parc | Louis Calaferte | collection L’imaginaire Gallimard

à l’académie des nuages

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Ne pas se perdre,
ne pas nous perdre…
caresser nos regards perdus, et y glisser, nous lover là, en équilibre bleu, l’océan de feu de nos yeux brumeux ne peut nous éteindre. De la terre de mes erreurs éclosent mes terreurs.

note

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note | mon ami

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Mon Ami, je ne suis pas celui que je parais.

Mon apparence n’est que l’habit que je porte, un habit, soigneusement tissé, qui me protège de tes questions et te protège de ma négligence.

Ami, le « je », en moi, demeurre dans la maison du silence, et là, il restera à jamais, inaccessible, inabordable.

Je ne voudrais pas que tu crois en ce que je dis, ni que tu aies confiance en ce que je fais, parce que mes paroles ne sont que l’écho de tes propres pensées et mes actes l’écho de ton désir d’agir.

Quand tu me dis : « Le vent souffle vers l’est », je dis : « Oui, il souffle vers l’est », parce que je ne veux pas que tu saches que mon esprit n’a pas la légèreté du vent, mais la profondeur de la mer.

Tu ne peux pas comprendre mes pensées profondes et je ne veux pas que tu les comprennes. Je voudrais être seul avec la mer.

Quand c’est le jour pour toi, mon Ami, c’est la nuit pour moi, même si alors je parlais de l’heure de midi qui danse sur les collines et de l’ombre pourpre qui se glisse à travers la vallée; parce que tu ne peux pas entendre les chants de mon obscurité, ni voir mes ailes battre aux étoiles, et je suis trop heureux que tu ne puisses me voir ou m’entendre. Je voudrais être tout seul avec la nuit.

Quand tu montes vers ton Ciel, je descends vers mon Enfer; même si tu m’appelais, à travers le gouffre infranchissable : « Mon compagnon, mon camarade », je ne voudrais pas que tu voies mon Enfer. La flamme brûlerait ton regard et la fumée encrasserait tes narines. Et j’aime trop mon Enfer pour t’y recevoir. Je voudrais être tout seul en Enfer.

Tu aimes la Vérité, la Beauté et la Vertu, et moi, pour te faire plaisir, je dis qu’il est convenable de les aimer. Mais, dans mon coeur, je me ris de ce que tu aimes. Pourtant, je ne voudrais pas que tu me voies rire. Je voudrais rire tout seul.

Mon Ami, tu es bon, et prudent, et sage; bien plus, tu es parfait, c’est pourquoi je m’adresse à toi avec sagesse et circonspection. Et pourtant, je suis fou. Mais je masque ma folie.

Je voudrais être fou tout seul.

Le Fou, Khalil Gibran, édtions Naufal

note

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Je ne sais rien d’un homme quand je sais qu’il s’appelle Jacques – Laure Limongi – éditions al dante.