Charles Maussion – au coeur du silence | entretien avec Philippe Chautard
















ne pourrais-je un jour vous rencontrer?

Ne pourrais-je un jour vous rencontrer by Denise Girard

Ne pourrais-je un jour vous rencontrer
Ne serait-ce que pour prendre un café
J’irais même jusqu’à vous suivre au ciné
Je me tairais et vous regarderais

Mais je redoute tellement
Que nos yeux se croisent sans se voir
Je redoute vraiment
Que ce ne soit que faux espoir
Faux espoir

Je vous aime rêveusement
Je vous désire secrètement
Je vous aime sans raison
Je me fais sans doute des illusions

Si vous saviez qu’à mes vingt ans
Je croyais en avoir cent
Et qu’à l’aube de mes trente ans
Je voudrais être le temps qui s’étire entre les ans
Je voudrais rapprocher les moments qui nous séparent d’encore trente ans
Pour tuer cette douleur qu’est l’éloignement
L’éloignement

Sans vous je ne serais que l’attente sans avenir
Je ne serais que le feu qui s’égare entre les flammes
Sans vous je ne serais qu’une barque sans rames
Sans vous j’effacerais tous les nombres pairs
Sans vous je ne serais qu’une ombre à l’envers
Aujourd’hui je dois vous le dire

Je vous aime rêveusement
Je vous désire secrètement
Je vous aime sans raison
Je me fais sans doute des illusions

Ne pourrais-je un jour vous rencontrer
Ne serait-ce que pour rêver
De vos bras autour de moi
Pour ne plus avoir froid
Mais peu m’importe que le gris de vos cheveux
Le soit autant que celui de vos yeux
Lorsque que vous me direz je t’aime
Lorsque que je vous direz je t’aime…
Lorsque que vous me direz je t’aime

Auteur : Denise Girard © octobre 2007 SOCAN
Compositeur : Jean Musy, France. SACEM

Être là.

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Été par la fenêtre. Les yeux dans le vague, pas dans les vagues. Traverser ses souvenirs d’avenir. La musique, en boucle, se déploie à l’infini. Essayer de saisir les images qui défilent par la fenêtre comme de ses souvenirs qui se délitent devant les yeux. Odeurs d’étés, chaleur d’un rai de lumière qui a brûlé la peau à jamais. Les traces ne disparaissent pas, elles sont traces. Elles s’estompent seulement un peu, puis réapparaissent avec le souffle du vent, ou la pluie qui les lavent. Rester dans l’attente de cette pluie d’orage qui lavera ce ciel où l’on plonge le regard à l’infini de soi. Attraper ce nuage qui vous rappelle que cela s’est passé. La musique suit son cours ensorcelant comme les nuits sans lumière. Parviendra-t-elle à raviver tous les instants sensibles qui se sont échappés par inattention? Par peur, par doute, parfois. Monter dans les aigus, et percevoir les bombardements du tambour qui vous rappellent les battements d’un cœur. Inciser la chair. Laisser s’écouler le sang de la mémoire sur le sol. Personne autour ne le remarque. Les blessures sont légères pour autrui. Autrui qui échappe à l’autre. Regarder ces visages endormis endoloris par les rêves improbables. Des bouches entrouvertes, des têtes baissées, des corps affaissés presque morts qui survivent en suspens d’un temps qui passe et qui lasse, hilare, par la fenêtre du train. Où sommes-nous cachés? Où se situe cet espace minéral, entre ces deux eaux, où nous avons reposé nos corps de guerriers blessés par ce combat illusoire que nous avons mené avec la joie dans nos yeux fatigués de s’aimer? Le mouvement berce, il ne nous transporte pas d’un point à un autre, non. Il nous situe sous le même ciel qui nous observe. La terre est rouge. Elle brûle sans cesse les vestiges des êtres qui s’y sont écroulés par dépit, lassitude et oubli. Je vois ces visages qui oscillent devant moi. Les yeux se détournent, on ne doit pas se regarder, au risque de se voir, au risque d’atteindre ce que l’on ne veut pas montrer. L’âme s’imprime dans vos regards. Fuyez!! L’âme est indélébile, elle se propage d’une enveloppe à une autre. Elle s’additionne, ne se soustrait jamais, à qui que ce soit, à quoi que soit. Seul le corps s’écroule par le poids de cette âme collective qui ne peut se détacher de soi. Prégnante. Étouffante, parfois jusqu’à la souffrance. Absorption de l’autre et de soi.
Le paysage défile comme il l’a toujours fait se riant de nous. Nous qui ne sommes rien de plus que ce que l’on veut en croire. Il continuera sa route, sans scénario. Le film est sans fin, nous marquons des arrêts sur image pour inventer une réalité qui nous rassure. Comprendre que l’on a aucune importance et ne pas s’affaler de déception. Nous nous trompons à chaque pas posé sur ce sol incertain. Ne pas oublier de s’oublier, chaque jour un peu plus puis, atteindre enfin ce dénuement extrême que l’on ne croisera que dans vos yeux.
Arriverais-je à me détacher de moi pour ne plus avoir peur?
Arriverais-je à me séparer de moi pour voir?
Être là est nécessaire et suffisant à admettre sa propre inexistence.
Ne plus faire souffrir, ne plus souffrir.
Être là à distance
En silence, dénudé.
Être là.

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« Et tout ce que je sais de l’univers c’est qu’il est extérieur à moi »…

Extrait des Poèmes Païens, Fernando Pessoa.

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Il y a ces jours où la nuit ne s’évapore pas. Vous ouvrez les yeux, à la recherche du ciel bleu. Le ciel où nous nous déposons un peu plus, chaque jour. Ce ciel où nous nous retrouvons, par delà les frontières, les distances, le temps. Elles n’existent pas, pas plus que nous je crois. Ce n’est pas le but à atteindre. On met du temps à le percevoir, on ne le comprend sans doute jamais. Personne n’est mieux qu’une autre personne. Nous cherchons seulement des pistes. Nous accrocher à des regards. Entrer dans l’autre par le regard. Sentir ce moment, frêle et incertain où nous nous voyons. Nous ne nous regardons pas. Nous nous voyons, l’un et l’autre. Ce seul petit instant peut nous faire comprendre, soudain que l’on n’est plus un objet animé. Voir l’autre, dans ses yeux et se sentir vivre à nouveau.
Seule l’écriture nous offre aussi ce possible. L’écriture est un regard. Le regard est écriture de soi en toi. Un regard puissant aux fortes couleurs de soi.
Être là.
Ensemble.

head of skeleton

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Ils nous ressemblent, nos différences ne se trouveront pas ici. Seulement la charpente de l’être.
Un reste d’envie, une dernière cigarette. L’espoir des couleurs et du noir.
Banaliser ce qui choque, prendre sa distance.

Vincent van Gogh | Head of skeleton with a burning cigarette & skull

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Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;
Si je pense, si je ressens, j’ignore
Qui est celui qui pense, qui ressent.
Je suis seulement le lieu
Où l’on pense, où l’on ressent.
Fernando Pessoa

Je suis seulement le lieu où l’on pense, où l’on ressent.

bleu

Et vous, vous rêvez toujours endormis?

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La machine à ciel bleu.

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Déconstruire l’ordre des mots. Les insuffler dans les cieux pour qu’ils en chutent librement et qu’ils s’inscrivent sur cette terre, dispersés par les traces de pas qui s’éloignent mais qui ne s’effaceront pas. Ils sont gravés là, comme ces images et ces odeurs capturées. Agrandir l’espace de pensée que nous nous étions octroyés et n’avoir plus peur de rien. Ne craindre personne. Ne plus redouter le vide. Celui qui est partout. Autour de nous. Adopter le vide qui nous entoure et sentir la vibration de son absence. Nous sommes là, présents les uns aux autres et nous ne nous voyons plus. Seulement sentir la présence. Le reste n’importe pas. Que vous soyez là et que vous n’y soyez pas. Les distances sont temporelles et le temps n’a pas le temps d’exister. Il aurait déjà disparu s’il avait déclenché sa course, même un instant. Être là. Ou peut-être ne pas y être.

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Une note pour l’excellent livre de Joël de Rosnay. Nous devrions tous le lire et le commenter à nos enfants.

« Créer sa vie de manière originale et comme une œuvre d’art est l’acte le plus important que l’on puisse réaliser au cours de son existence »

Joël de RosnaySurfer la vieéditions Les Liens qui Libèrent

nuages qui voyagent

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Merci Claudine,
merci de saisir ces quelques photos qui défilent, par ici et par là,
Merci de leur donner vie et couleurs,
sur vos toiles,
Être là.

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