Des petits pas, par ici, sans faire de bruit. Ne déranger personne, seulement être passé et rien de plus.Des mots se sont échoués, sans aucun rebond, avalés par une liste sans fond. Mais ont vécu, le temps d’un souffle de pensée.En présence, je perçois ceux que j’aime, que j’ai aimé et qui se sont évaporés d’ici. La nature assassine, infanticide, les a décomposés, broyés, réduits.
La violence est omniprésence.Comme la conscience.Absence au monde.L’oubli est absence, le souvenir présence.Béance.
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vous | Christine – Mel13 | #vasescommunicants
Vous
Vous ? Mais de qui parlez-vous ? Vous n’êtes pas sûr de comprendre. Vous adressez-vous à plusieurs ou à un seul ? Vous dites Vous pourriez être je, vous pourriez être aussi vous-même, mais d’emblée vous excluez les autres, les empêcheurs de tourner en vous. Vous ne savez pas, vous avez quelques certitudes cependant.
Ainsi, vous avez instauré le vouvoiement, ce qui n’est pas si fréquent dans votre milieu –même décentré, même à la marge- pour la distance, qui va de pair avec l’élégance, vous parvenez paradoxalement à créer une proximité, un espace plus ouvert et plus large que cette familiarité que vous affichez vous autres, les tutoyeurs…
Vous auriez pu ne pas m’apercevoir, ne pas me voir, ne pas me lire. Pardon. Vous reprenez. Vous auriez pu ne pas vous apercevoir, ne pas vous voir, ne pas vous lire. Cependant vous l’avez fait et c’est vous qui avez pris l’initiative du rendez-vous, du vous à vous. Et de vous à vous, vous avouez que vous ne regrettez rien. Vous auriez dû le faire plus tôt, vous dites-vous. Alors continuez, voulez-vous ?
Mais que voulez-vous à la fin ? Vous semblez songeur, à quoi songiez-vous ? Vous aviez rêvé votre vie et vécu vos rêves, bouclé la boucle et de nouveau débouclée. Vous souvenez-vous de la chambre des cartes ? Vous y aviez lu ensemble Gracq et Rimbaud. Que vous restait-il à vivre ? Vous espériez justement ne pas le savoir et vous le taire encore longtemps pour aller entendre l’oracle. Et ne pas l’entendre. D’accord, répondez cependant. Qu’attendez-vous ?
De vous ?
Voui, de vous. Qu’attendez-vous de vous ?
Vous.
C’est un peu court, jeune homme. Vous auriez pu dire…
Chut… Du calme… Vous vous échauffez pour rien. Vous le répète : vous.
Merci Christine (etsansciel) pour ce vase communicant. Les Autres Vases Communicants du mois d’octobre.
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Bis repetita | Aimer les évidences que l’on ne veut pas comprendre. Ne posséder qu’une « connaissance relative » des événements, des objets, des individus… et se tromper toujours, indéfiniment.
Mais essayer de démêler le « préjugé du monde »…
« Dans l’espace lui-même et sans la présence d’un sujet psychophysique, il n’y a aucune direction, aucun dedans, aucun dehors. (…) Il y a un premier dogmatisme, dont l’analyse réfléxive nous débarasse et qui consiste à affirmer que l’objet est en soi ou absolument, sans se demander ce qu’il est. (…) La perception extérieure et la perception du corps propre varient ensemble parce qu’elles sont les deux faces d’un même acte. » Maurice Merleau-Ponty | Phénoménologie de la perception.
En préparant ce billet, les mots de notre soupir 59, Denise, me parvenaient par mail sur la perception de l’oeuvre de Charles:
« Sa pensée diffuse la brume de ses idées. Il était là entre deux mondes à écouter la venue de la nuit. Mais il s’envola vers la lumière. Il était là au creux d’une conception à s’embrouiller comme le bon vin saoule. »
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Aimer les évidences que l’on ne veut pas comprendre. Ne posséder qu’une « connaissance relative » des événements, des objets, des individus… et se tromper toujours, indéfiniment.
« C’est parce que votre vision est dirigée vers l’extérieur que vous parlez d’un extérieur. (…) En parlant des Cieux, on s’imagine qu’ils sont au-dessus ou au-dessous, intérieurs ou extérieurs, car on est habitué à la connaissance relative. On ne cherche que le savoir objectif, d’où ces idées. En fait, il n’y a ni haut, ni bas, ni intérieur, ni extérieur. Si ces notions étaient réelles, elles devraient aussi être présentes pendant le sommeil profond. Car ce qui est réel doit être continu et permanent. Quand vous dormez, vous sentez-vous à l’intérieur ou à l’extérieur? Bien sûr que non. » Sri Rāmana Maharshi
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Je comprends sans comprendre & ne comprends pas tout en comprenant. Étrange impression de perdre la sensation du réel, une perception passagère qui oscille entre les silences.
« Non seulement le non-né n’est pas incapable de prendre naissance, mais encore tous les êtres sont dans leur individualité des esprits non-nés, éternels sans commencement ni fin, et dans leur existence essentielle et leur universalité tous sont l’Esprit unique non-né de qui la naissance et la mort sont seulement le phénomène par lequel il assure une forme et en change. » – Commentaire de Shrî Aurobindo sur La Bhagavad-Gîtâ,
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« Nous sommes pris dans le monde et nous n’arrivons pas à nous en détacher pour passer à la conscience du monde. »
Maurice Merleau-Ponty | Phénoménologie de la perception
© oeuvre envoyée para Claudine Mangen-Sales en complément de la note du 4 septembre | colors and pastels
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Comprendre les évidences, les accepter puis déposer les larmes. Sans l’autre, il y a des épopées qui ne mènent à rien, même rêvées.
Délicatement et sans bruit, chercher le sourire. Puis, le conserver à jamais dans ses souvenirs.
© dessin prêté para Claudine Mangen-Sales | colors and pastels













