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Aujourd’hui je ne peux rien faire d’autre que de ne rien faire.

15 novembre 2011

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A-t-on vraiment tant de choses à vivre ou n’est-ce seulement qu’une obstination à vouloir décorer sa vie à tout prix, lui donner du relief, une histoire?

le préau des collines

Une revue de rencontre de la littérature, de la sculpture, de la peinture et de la photographie.

Revue créée à Forcalquier il y a onze ans, le Préau des collines tente depuis de confondre ses objets: poètes reconnus et inconnus, textes semés de sculptures, de dessins, de peintures, de photos.

La passion de la littérature étroitement mêlée à mon incoercible affection pour la peinture me conduit à brasser sans retenue. 

Des dossiers, sortes d’aperçus sur des oeuvres qui m’intriguent et m’enchantent soutiennent ces livraisons: numéro 5, Michel Desbordes / numéro 6, Christianne Veschambre / numéro 7, Marcel Cohen / numéro 9, Mathieu Bénézet / numéro 10 Jean Paul Michel / numéro 11, Pierre Bergounioux / numéro 12 Mohammed Khaîr-Eddine.

à paraître numéro 13, Pierre Michon.

Des oeuvres de nombreux poètes, écrivains, sculpteurs, peintres, photographes ont été publiés. À partir du numéro 12, la revue compte environ 300 pages, nombreuses illustrations en noir et en couleur.

Jacques Le Scanff

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« Dans le doute, je reste sceptique…

En silence, être là. »

 

 

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photo volée à @AliQuandOo

Chercher, chercher encore des solutions et ne pas les trouver.

Faire confiance au silence et le contempler.

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« Il était incapable de donner ce que l’on attendait de lui. »

David Foenkinos | Les souvenirs, éditions Gallimard

« Je connais gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins 
Leurs yeux sont des feux mal éteints 
Leurs cœurs bougent comme leurs portes »
Guy DebordLes environs de Fresnes Enregistrements magnétiques
éditions Gallimard

Bar-ce-lo-na (fenêtre de) | Anne Savelli | #vasescommunicants

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Une semaine à peine durant laquelle, dès la descente d’avion puis le premier trajet en métro, se faire tout voler sauf les clefs de l’appartement.

Une semaine à vivre dans une rue étroite, d’où aller, venir, au deuxième étage s’allonger, manger et regarder en face par la fenêtre ouverte. Les pièces sont étroites, elles aussi, on croirait vivre dans un couloir : remonter le store, se pencher, du trottoir au ciel chaque fois c’est un appel d’air.

Un espace vital réduit, comme on dit. Figures de sages, damier noir et blanc de la salle d’eau, quelques touches orange : l’appartement se veut harmonieux, pourtant. Conçu pour calmer, apaiser le touriste il oppresse parfois, tant on devine ses intentions. Décoration de magazine où tout doit être fonctionnel et livrer son supplément d’âme ; déplacement réfléchi d’un meuble à l’autre pour ne pas se cogner aux angles, aux valises, aux humains qui les portent.

Se sentir comme une poupée dans sa maison de.
Ne rien déranger signifie : s’asseoir, se lever, prendre son sac, partir ?
Sac vide. Comment digérer ce vol ?

La fenêtre donne sur une façade à briques rouges (c’est Londres !)
(Barcelone, on te dit).
Aux fenêtres d’en face pendent par séries des jeans et tee-shirts (Gênes !)
(Bar-ce-lo-na).
On y voit aussi ce qui s’apparente à une boîte aux lettres, accrochée dans le vide au troisième étage. Enigme du matin, du soir : elle devient poubelle ou compteur de gaz. Utile, inutile ? Un détail jaune vif.

Le soleil en haut n’éclaire qu’un pan de mur, le même à toute heure. La ligne d’horizon, cette crête d’immeubles, dessine une portée, des cordes de guitare. Y cada noche, me pierdo en la ciudad, cada cada noche, Bar-ce-lo-na scande la chanson restée en tête depuis Paris. Elle raconte, croit-on, la vie qu’on n’a pas, joies, dangers mêlés.

Tête baissée, se rappeler qu’en bifurquant
une, deux, trois rues : la mer.
Des bancs, des palmiers, de l’architecture.

La façade de briques, c’est la ville ouverte, aussi. Nous révèle l’histoire d’un quartier en évolution, resté populaire – pour combien de temps, éternelle question. En bas, au carrefour, une boulangerie où prendre le café, où tenter de comprendre ce que se racontent les femmes qui ne vont pas au bar devient point d’ancrage.

Se pencher, se pencher encore. Autre chose à voir ?

Circuits, circonvolutions, les mains dans les poches, d’une rue à l’autre, toute la journée, dans la ville entière : s’en souvenir le soir en fermant la fenêtre.
Dans ce quadrillage reviennent les ramblas. Mais tout ce qu’on saisit ce sont les hommes qui volent, trois corps ajustés et cent doigts habiles.

Ramblas : durant des années, avant de s’y rendre, Barcelone ne fut que ce nom, caché par un titre, donné par un homme. Ramblas, Journal du voleur, Jean Genet. La vie est un livre. Faut-il s’en débarrasser ?

Je remercie Anne Savelli (fenêtres open space) pour ce vase communicant. Les Autres Vases Communicants du mois de novembre.

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Posée sur les draps froissés des gestes d’avant
Je regarde sans mot et n’en attends pas.
J’ai dans les oreilles l’écho des chuchotements
Qui suggèrent plus qu’ils ne racontent.
Mon regard embrasse l’instant présent,
il ne retient rien, il n’attend rien.
Des souvenirs, des sensations se mêlent
Aux odeurs d’un matin pourtant si banal.
L’immobilisme donne à ces minutes l’espoir d’éternité.
Si reposée et pourtant tellement en éveil,
Il n’est pas un souffle, un bruit, une ombre
Qui n’échappent à ma vigilance lascive.
Pourquoi précipiter les gestes que rien n’oblige?
Pourquoi briser l’harmonie entre vivant et inerte?
Juste laisser faire, laisser vivre, laisser passer
Les secondes, les minutes, les heures
D’une journée sans envie,
Faisant fi des obligations,
Des convenances,
Du « qu’en dira-t-on ».

Merci KtyZen de partager ce texte avec moi, ici.

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Des petits pas, par ici, sans faire de bruit. Ne déranger personne, seulement être passé et rien de plus.
Des mots se sont échoués, sans aucun rebond, avalés par une liste sans fond. Mais ont vécu, le temps d’un souffle de pensée.

En présence, je perçois ceux que j’aime, que j’ai aimé et qui se sont évaporés d’ici. La nature assassine, infanticide, les a décomposés, broyés, réduits.

La violence est omniprésence.
Comme la conscience.
Absence au monde.
L’oubli est absence, le souvenir présence.
Béance.

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Quand la nuit d’hiver approche, quand les pensées s’engourdissent, quand le coeur se refroidit, quand la conscience s’enlise…

S’échapper rêver pour ne plus cauchemarder.

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En ces jours, je ne saurai dire et écrire autre chose:

« Il avait perdu sa magie. L’élan n’était plus là. »

Le rabaissement, Philip Roth | éditions Gallimard

vous | Christine – Mel13 | #vasescommunicants

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Vous

Vous ? Mais de qui parlez-vous ? Vous n’êtes pas sûr de comprendre. Vous adressez-vous à plusieurs ou à un seul ? Vous dites Vous pourriez être je, vous pourriez être aussi vous-même, mais d’emblée vous excluez les autres, les empêcheurs de tourner en vous. Vous ne savez pas, vous avez quelques certitudes cependant.
Ainsi, vous avez instauré le vouvoiement, ce qui n’est pas si fréquent dans votre milieu –même décentré, même à la marge- pour la distance, qui va de pair avec l’élégance, vous parvenez paradoxalement à créer une proximité, un espace plus ouvert et plus large que cette familiarité que vous affichez vous autres, les tutoyeurs…
Vous auriez pu ne pas m’apercevoir, ne pas me voir, ne pas me lire. Pardon. Vous reprenez. Vous auriez pu ne pas vous apercevoir, ne pas vous voir, ne pas vous lire. Cependant vous l’avez fait et c’est vous qui avez pris l’initiative du rendez-vous, du vous à vous. Et de vous à vous, vous avouez que vous ne regrettez rien. Vous auriez dû le faire plus tôt, vous dites-vous. Alors continuez, voulez-vous ?
Mais que voulez-vous à la fin ? Vous semblez songeur, à quoi songiez-vous ? Vous aviez rêvé votre vie et vécu vos rêves, bouclé la boucle et de nouveau débouclée. Vous souvenez-vous de la chambre des cartes ? Vous y aviez lu ensemble Gracq et Rimbaud. Que vous restait-il à vivre ? Vous espériez justement ne pas le savoir et vous le taire encore longtemps pour aller entendre l’oracle. Et ne pas l’entendre. D’accord, répondez cependant. Qu’attendez-vous ?
De vous ?
Voui, de vous. Qu’attendez-vous de vous ?
Vous.
C’est un peu court, jeune homme. Vous auriez pu dire…
Chut… Du calme… Vous vous échauffez pour rien. Vous le répète : vous.

Merci Christine (etsansciel) pour ce vase communicant. Les Autres Vases Communicants du mois d’octobre.

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« Qu’est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend ? »

Arthur Rimbaud | Les illuminations

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« Alors
ils suivirent le chemin
qui mène aux villes »

Jean Cocteau « Œuvres poétiques complètes »

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J’ai l’intime conviction que l’on écrit toujours à quelqu’un, jamais pour soi. Et les correspondances silencieuses se délitent dans l’univers, sans laisser de traces. Perception désaxée, sans repère qui ne vaille, seulement vaciller.