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Êtes-vous là?
Oui, c’est évident. Sinon, peu importe, je l’espère et le rêve.
Regarder le ciel rose et emmener ceux que l’on aime avec soi.
Penser aux autres et voyager avec eux.

[la] #12

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J’aime bien le train, même à grande vitesse. J’aime être assis là, sans rien faire, à regarder, écouter, sentir.
J’aime ne rien faire. J’adore ne rien faire. Mais je n’aime pas toujours ce que je regarde, ce que j’écoute, ce que je sens dans le train. Je crois surtout que j’aime y être bercé. Même à grande vitesse. Un inconnu parmi des inconnus qui se regardent, s’écoutent, se sentent, plus ou moins discrètement. J’aime voir que certains ont beaucoup de respect pour les autres alors que d’autres se croient seuls au monde et se fichent bien d’importuner leurs voisins. J’aime cet équilibre entre douceur et férocité. Tout peut avoir lieu, chacun avec ses croyances. Se défendant bien d’être comme l’autre. On pourrait se révolter dans un train. Se soulever ensemble contre n’importe quoi, ou pire, contre n’importe qui. On ne le fait pas. Dans l’avion non plus on ne le fait pas. Mais dans l’avion, nous ne sommes pas bercés. Et puis dans l’avion, même si l’on n’a pas peur, on a peur. On ne comprend jamais vraiment bien comment l’on peut être suspendu là-haut, dans ces tonnes de ferraille.
Non, le train, ce n’est pas la même chose. Les voyageurs sont différents. Le temps y est différent. Et puis, on suit une ligne, tracée, qui ne bouge pas, qui ne change pas.
L’homme nouveau dans le train est exécrable. Il parle dans son téléphone et casse tout le charme du voyage.
Mais j’aime bien le train, même à grande vitesse. Et je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui ne sont pas là avec moi avec qui j’aimerais être.

note

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Fait-on ce que l’on fait pour être heureux? Pour rendre heureux? Les deux à la fois. Ne sait-on jamais vraiment?
Cependant, on est capable d’engendrer tant de peine autour de nous. Tous les pas sont des faux pas, voire des « faut pas ».
On est rien, on vit, on « devient », on vient de la minute d’avant pour courir à la minute d’après, entre temps, nous n’avons rien décidé. Cela s’est passé.
Il faut aimer pour ne rien oublier.

narcissique

J’ai peur d’être devenu cela. Si je le crains et que je n’écris presque plus rien par ici , c’est que ma crainte s’est transformée en réalité.

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Texte de Raphaël Enthoven, dans L’endroit du décor, collection L’infini, Gallimard

possible

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#lire | du train où vont les choses à la fin d’un long hiver | Francis Dannemark

« Elle sourit. Les portes se ferment. C’est le moment où l’on ne sait plus ce qui bouge et ce qui reste immobile, le train, la gare, le train voisin, le monde endormi, lestoiles au bout du ciel. »

Du train où vont les choses à la fin d’un long hiver – Francis Dannemark – éditions Robert Laffont.

 

 

note

Cela donne matière à penser. Mais, quelle matière? Quelle consistance à cette matière? Et par là même quelle consistance ont nos pensées? Je suis une monade béante enfouie dans la monade des monades. Sans doute déjà mort alors, dilué dans les temps du temps. La journée se termine. Ou peut-être commence-t-elle? Je voudrais seulement dormir un peu. Un jour je ne tiendrai plus debout. Croire? En soi! Ridicule! Futile! Aucune de nos actions n’est raisonnable. Croyance ou foutaise. Nous ne sommes pas dotés de raison. Nous nous sommes mentis. Rage et colère. Hurlement nocturne inaudible.

note

 Se plier à l’amplitude de nos solitudes puis aimer.

 

 

du plomb dans l’aile | #vasescommunicants | juin 2011

J’ai le plaisir d’accueillir ce texte de Jeanne dans le cadre des vases communicants du mois de juin. Vous pouvez la suivre sur son blog Babelibellus où mon texte est posé aujourd’hui, http://babelibellus.free.fr/

du plomb dans l’aile

il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper

tu es parti ce matin en laissant le lit défait
en rentrant tout à l’heure, n’ai retrouvé que ce lit
plus traces de toi si ce n’est dans ces plis de drap

j’avais lu dans le jour la pause des nuages
j’avais cru y apercevoir un horizon
(parfois, tu construis des châteaux en espagne
tu te projettes déjà dans une boutique
– meubles, étagères, couleurs, lumières –
puis tu t’aperçois qu’il te faut changer tes plans..
parfois..)

il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper

ce matin, ou un autre jour peu importe
tu n’es pas là ce soir.
silence sur mes mots.
je n’étreins que les draps.

me suis levée pour regarder les nuages
tout le jour.
j’y ai croisé mon humeur
grise, maussade
quelques éclaircies..
dans un froid
sans toi
j’ai parcouru les rues
sans ton sourire

puis j’ai senti ce vent qui immiscait le blanc
le blanc des nuages
nuages..
désir d’ailleurs..
d’horizon bleu..

alors j’ai dérivé

dérive..
que file la barque vers un océan
file..
que se tisse le coton
tisse.. que s’esquisse le rêve

et
dans mes draps défaits
que je puisse
enfin
dormir d’un sommeil de plomb
la tête dans les nuages

il faut lester les rêves

Voici la liste des autres participants à ces vases communicants de juin :

Nicolas Bleusher et Christopher Selac
Martine Sonnet et Urbain trop urbain
Anita Navarrete-Berbel et Brigitte Célérier
Franck Thomas et Guillaume Vissac
Cécile Portier et Pierre Ménard
Franck Queyraud et Loran Bart
Anne Savelli et François Bon
Carine Perals-Pujol et Joachim Séné
Isabelle Parriente-Berbel et Louise Imagine
Maryse Hache et Laurence Skivée
Chez Jeanne et Xavier Fisselier
le roi des éditeurs et Nicolas Ancion
Kouki Rossi et Jean Prod’hom
Michel Brosseau et Jacques Bon
Christine Jeanney et Christophe Grossi
Caroline Gérard et Juliette Mezenc
Ghislaine Balland et Dominique Hasselmann
Piero Cohen-Hadria et Conte de Suzanne

note | christian bobin

 

 

christian bobin | un assassin blanc comme neigChristian Bobin | Un assasin blanc comme neige | Les Éditions Gallimard

 

 

 

 

 

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Et si…?

Et si nous changions la vision de nos mondes?

note | la croisée des marelles

Je découvre ce matin cette magnifique composition de Louise Imagine et Aedificavit, sans autres mots superflus à ajouter je ne peux que vous inviter à aller la découvrir ici: La croisée des marelles, XVIII

Magnifiques  photo et  voix
de @louise_imagine avec le superbe texte d’@Yzabel2046/ @AEdificavit spéciale dédicace à @jean_yvesf

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Note

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Je marchais d’un pas assuré vers ce destin que j’ignorais. Soudain, mon ombre s’est effacée.
D’un coup s’est dissipée, emportant avec elle mes rêves et réalités. Je compris à cet instant que mon ombre n’était que le reflet de mes songes. Je ne le savais pas. Rechercher le soleil, sortir de ma caverne. Peut-être alors retrouverais-je la trace abandonnée de ce clair-obscur omniprésent. Devant moi, derrière moi, à mon côté.
Quand la lumière s’échappe, alors la vie s’estompe.
Je n’aurais jamais dû négliger cette discrète présence.
Je ne pensais qu’à moi.
Je ne le voyais pas.
Je ne le comprenais pas.
Mon ombre s’éclipsa, il ne faisait pas nuit.
Dorénavant j’oserai dire que je suis l’ombre de moi-même.
Âme, corps & ombres composent cette unique mélodie pour ne pas s’égarer.
Il n’y a pas de chemin, seulement des ombres imprimées.