du plomb dans l’aile | #vasescommunicants | juin 2011

J’ai le plaisir d’accueillir ce texte de Jeanne dans le cadre des vases communicants du mois de juin. Vous pouvez la suivre sur son blog Babelibellus où mon texte est posé aujourd’hui, http://babelibellus.free.fr/

du plomb dans l’aile

il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper

tu es parti ce matin en laissant le lit défait
en rentrant tout à l’heure, n’ai retrouvé que ce lit
plus traces de toi si ce n’est dans ces plis de drap

j’avais lu dans le jour la pause des nuages
j’avais cru y apercevoir un horizon
(parfois, tu construis des châteaux en espagne
tu te projettes déjà dans une boutique
– meubles, étagères, couleurs, lumières –
puis tu t’aperçois qu’il te faut changer tes plans..
parfois..)

il faut lester les rêves
ne pas les laisser s’échapper

ce matin, ou un autre jour peu importe
tu n’es pas là ce soir.
silence sur mes mots.
je n’étreins que les draps.

me suis levée pour regarder les nuages
tout le jour.
j’y ai croisé mon humeur
grise, maussade
quelques éclaircies..
dans un froid
sans toi
j’ai parcouru les rues
sans ton sourire

puis j’ai senti ce vent qui immiscait le blanc
le blanc des nuages
nuages..
désir d’ailleurs..
d’horizon bleu..

alors j’ai dérivé

dérive..
que file la barque vers un océan
file..
que se tisse le coton
tisse.. que s’esquisse le rêve

et
dans mes draps défaits
que je puisse
enfin
dormir d’un sommeil de plomb
la tête dans les nuages

il faut lester les rêves

Voici la liste des autres participants à ces vases communicants de juin :

Nicolas Bleusher et Christopher Selac
Martine Sonnet et Urbain trop urbain
Anita Navarrete-Berbel et Brigitte Célérier
Franck Thomas et Guillaume Vissac
Cécile Portier et Pierre Ménard
Franck Queyraud et Loran Bart
Anne Savelli et François Bon
Carine Perals-Pujol et Joachim Séné
Isabelle Parriente-Berbel et Louise Imagine
Maryse Hache et Laurence Skivée
Chez Jeanne et Xavier Fisselier
le roi des éditeurs et Nicolas Ancion
Kouki Rossi et Jean Prod’hom
Michel Brosseau et Jacques Bon
Christine Jeanney et Christophe Grossi
Caroline Gérard et Juliette Mezenc
Ghislaine Balland et Dominique Hasselmann
Piero Cohen-Hadria et Conte de Suzanne

note | christian bobin

 

 

christian bobin | un assassin blanc comme neigChristian Bobin | Un assasin blanc comme neige | Les Éditions Gallimard

 

 

 

 

 

note

Et si…?

Et si nous changions la vision de nos mondes?

note | la croisée des marelles

Je découvre ce matin cette magnifique composition de Louise Imagine et Aedificavit, sans autres mots superflus à ajouter je ne peux que vous inviter à aller la découvrir ici: La croisée des marelles, XVIII

Magnifiques  photo et  voix
de @louise_imagine avec le superbe texte d’@Yzabel2046/ @AEdificavit spéciale dédicace à @jean_yvesf

note

Note

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Je marchais d’un pas assuré vers ce destin que j’ignorais. Soudain, mon ombre s’est effacée.
D’un coup s’est dissipée, emportant avec elle mes rêves et réalités. Je compris à cet instant que mon ombre n’était que le reflet de mes songes. Je ne le savais pas. Rechercher le soleil, sortir de ma caverne. Peut-être alors retrouverais-je la trace abandonnée de ce clair-obscur omniprésent. Devant moi, derrière moi, à mon côté.
Quand la lumière s’échappe, alors la vie s’estompe.
Je n’aurais jamais dû négliger cette discrète présence.
Je ne pensais qu’à moi.
Je ne le voyais pas.
Je ne le comprenais pas.
Mon ombre s’éclipsa, il ne faisait pas nuit.
Dorénavant j’oserai dire que je suis l’ombre de moi-même.
Âme, corps & ombres composent cette unique mélodie pour ne pas s’égarer.
Il n’y a pas de chemin, seulement des ombres imprimées.

note | bhagavad-gîtâ

La Bhagavad-Gîta | Chapitre 12ème | La voie et le bhakta, 12

Albin Michel (édition présentée et commentée par Shrî Aurobindo)

note

En proie à cette violente colère envers moi-même, je dois naviguer vers l’épicentre de ma tempête. Cet endroit reculé où tout a commencé, au fin fond de mes émotions. Parvenir à cette geôle où je me suis claquemuré, il y a déjà si longtemps.

Peu importe si le voyage est sans fin,  je ne peux que poursuivre cette entreprise. Atteindre cette paix intérieure est vital.

Très en colère envers moi-même.

note

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Mon ombre sombre dans la pénombre de mes décombres.
Mes songes s’entremêlent à mes souvenirs, mais je reste posé là. Fixé à jamais sur ce socle sans fond. Immobile, je n’ai plus rien à exprimer ni espérer. Le Maître a fini son ouvrage. Il n’a plus rien à y ajouter, plus rien à y soustraire. Et, cependant, il devine qu’il y a déposé un fragment de son âme, pas toute son âme, il la réserve à d’autres rêves, d’autres oeuvres. Pendant ma genèse, ma naissance à la lumière, j’étais vivant. Je sentais l’amour de son regard sur moi, comme le regard attendri d’une mère sur son enfant. Mais tu devais survivre.
J’ai été posé là, vendu, acheté, oublié, revendu, sorti de l’ombre et des décombres pour être exposé là.
Au milieu de rien.
Au milieu de tout.
Loin de toi.
Mes traits se sont tirés.
Figés à jamais.
Depuis le jour où j’ai été abandonné dans ton atelier. Déposé parmi tes images créées par tes mains et ton regard profond.
Dans ton atelier.
Ton atelier où je suis né.
L’atelier où tu m’as façonné à ta pensée.
L’atelier où je t’ai fasciné, où je t’ai obsédé.
Retiré, éloigné, arraché d’ici. Je ne pouvais ni crier, ni t’appeler. Tu devais créer. Tu vivais une idée, née de tes pensées.
Je me suis figé.
Et je t’ai regardé.
Mon ombre sombre dans la pénombre.

photo (xf): Rodin | Museo Soumaya ~ México

note

Dans nos absences,

Dans nos silences,

Sans différences,

L’appel des sens,

Seule la présence,

De notre essence,

Éminence,

Quintessence.

Fuir nos absences,

Nos références,

En silence.

Une seule et unique conscience.

Une seule et unique évidence.

Dans les silences

de nos absences.

Enfance,

Puis descendance.

Les mêmes silences,

Les mêmes absences.

Évidence,

Puis dépendance.

Une occurrence.

Fausse apparence,

Fausses circonstances.

Nos ignorances,

Nos errances,

Et nos absences,

Tancent

Nos silences.

Et dansent

Nos absences.

Une violence,

Désespérance.

Les mêmes silences,

Les mêmes absences.

Une même souffrance,

Une évidence.

Mais le silence,

N’est pas absence.

Une évidence,

Pas une croyance.

Dans nos absences,

Dans nos silences,

Future naissance,

Nos espérances.

Une évidence…

Même le silence,

N’est pas absence.

vases communicants | mai 2011

J’ai le plaisir d’accueillir ce texte rédigé par KtyZen dans le cadre des vases communicants du mois de mai. Vous pouvez la suivre sur son blog où mon texte est posé aujourd’hui, http://ktyzen.posterous.com/

C’est elle qui a commencé.
Elle m’a juste dit :
« Tu ne me résisteras pas… »
Que pouvais-je répondre à tant d’arrogance ?
Elle ne me plaisait pas.
Noire, fripée, terreuse, plutôt ronde et appréciée des cochons…
Je ne suis pas portée sur ces beautés là !
Le temps a passé.
Je l’ai oubliée.
C’est là qu’elle a attaqué.
Pas une attaque franche et claire, non.
Une attaque sournoise, par émissaire interposé.
Elle à mis son grain de sel, discrètement, au cours d’une dégustation de tomates.
Puis, elle a huilé mes papilles sur l’olive innocente.
Le carpaccio semblait ordinaire.
Mais, en s’approchant, un fumet puissant et délicat trahissait sa présence.
Elle s’était habillée de vert et paradait sur cet étalage de viande crue.
Sachant se faire rustique, elle se permit le luxe de s’infiltrer dans la chair des patates écrasées.
S’en était trop.
Cette assurance me narguait et je ne pouvais me taire.
Je l’invitais donc à une dégustation particulière : Une « verticale » bordelaise.
Quelle ne fut pas ma surprise de la découvrir polygame !
Elle épousait à merveille les vins, les pains, les viandes, les fromages et même certains légumes.
je ne pouvais que m’incliner devant tant de dextérité et l’invitai à dompter mon palais.
Même si les chiens lui collent la truffe aux fesses, elle n’en est pas chienne pour autant et se laisse détrousser pour un festin.
Noire ou blanche selon les terres, cette reine à l’humilité de se prétendre champignon.
Elle n’en est pas moins joyau de chênes et trône sous les glands millénaires.
Elle habite maintenant ma cuisine et snobe les prétentieuses en côtoyant la simplicité d’une omelette, d’une purée ou d’une tartine de pain rustique.

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Voici la liste des autres participants à ces vases communicants de Mai:

G@rp http://lasuitesouspeu.net/ et Franck Thomas http://www.frth.fr/

Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Jérôme Wurtz http://aquelquepasdelusine.blogspot.com

Joachim Séné http://www.joachimsene.fr/txt/ et Guillaume Vissac http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?rubrique1

Louise Imagine http://louiseimagine.wordpress.com/ et KMS http://kmskma.free.fr/

Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/

Christopher Selac http://christopherselac.livreaucentre.fr et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/

Martine Rieffel http://lireaujardin.canalblog.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com

Isabelle Butterlin http://yzabel2046.blogspot.com/ et conte de Suzanne http://valetudinaire.net/

Franck Queyraud http://flaneriequotidienne.wordpress.com/ et Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/

Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/ et Dominique Hasselmann http://dh68.wordpress.com/

Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/ et Anita Navarrete-Berbel http://sauvageana.blogspot.com

François Bon http://www.tierslivre.net et Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/

Candice Nguyen http://www.theoneshotmi.com/ et Samuel Dixneuf http://samdixneuf.wordpress.com/

Morgan Riet http://cheminsbattus.wordpress.com/ et Marlène Tissot http://monnuage.free.fr/

Michèle Dujardin http://abadon.fr/ et Jacues Bon http://cafcom.free.fr/

Murièle Modély http://l-oeil-bande.blogspot.com/ et Vincent Motard-Avargues http://jedelego.free.fr/plus.html

Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/ et Sandra Hinège http://ruelles.wordpress.com/

Mariane Jaeglé http://mariannejaegle.over-blog.fr/ et Michel Sarnikov http://la.mauvaise.herbe.over-blog.com/

Sarah Cillaire http://www.seriescillaire.com/ et Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/

Christine Jeanney http://www.christinejeanney.fr et Jeanne http://babelibellus.free.fr/

Note

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Je ne suis ni ce que je pense que je suis ni ce que j’aimerais que je sois ni ce que j’ai cru que j’étais. Je ne suis que la bribe d’un être éphémère sans fond, posé là, à la forme grise et vieillissante.

Nous ne voyons pas tous les mêmes choses?
Nous ne sentons pas tous les mêmes choses?
Nous n’entendons pas tous les mêmes choses?
Nous ne percevons pas tous les mêmes choses?
Mais la réalité du monde est-elle véritablement différente pour chacun d’entre nous?
La vie de chacun certes est différente mais la réalité qui nous entoure, l’est-elle vraiment?
Aucune réponse à l’instant présent. Seulement une interrogation.

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Pensées du soir, désespoir des espoirs…
Pas sage avide, passage à vide…
Atemporain, le contraire de contemporain… Sensation quasi cruelle d’être atemporain.
Et pourtant…

le dormeur du val | arthur rimbaud

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud.