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Fait-on ce que l’on fait pour être heureux? Pour rendre heureux? Les deux à la fois. Ne sait-on jamais vraiment?
Cependant, on est capable d’engendrer tant de peine autour de nous. Tous les pas sont des faux pas, voire des « faut pas ».
On est rien, on vit, on « devient », on vient de la minute d’avant pour courir à la minute d’après, entre temps, nous n’avons rien décidé. Cela s’est passé.
Il faut aimer pour ne rien oublier.

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Cela donne matière à penser. Mais, quelle matière? Quelle consistance à cette matière? Et par là même quelle consistance ont nos pensées? Je suis une monade béante enfouie dans la monade des monades. Sans doute déjà mort alors, dilué dans les temps du temps. La journée se termine. Ou peut-être commence-t-elle? Je voudrais seulement dormir un peu. Un jour je ne tiendrai plus debout. Croire? En soi! Ridicule! Futile! Aucune de nos actions n’est raisonnable. Croyance ou foutaise. Nous ne sommes pas dotés de raison. Nous nous sommes mentis. Rage et colère. Hurlement nocturne inaudible.

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 Se plier à l’amplitude de nos solitudes puis aimer.

 

 

note | christian bobin

 

 

christian bobin | un assassin blanc comme neigChristian Bobin | Un assasin blanc comme neige | Les Éditions Gallimard

 

 

 

 

 

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Et si…?

Et si nous changions la vision de nos mondes?

note | la croisée des marelles

Je découvre ce matin cette magnifique composition de Louise Imagine et Aedificavit, sans autres mots superflus à ajouter je ne peux que vous inviter à aller la découvrir ici: La croisée des marelles, XVIII

Magnifiques  photo et  voix
de @louise_imagine avec le superbe texte d’@Yzabel2046/ @AEdificavit spéciale dédicace à @jean_yvesf

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Je marchais d’un pas assuré vers ce destin que j’ignorais. Soudain, mon ombre s’est effacée.
D’un coup s’est dissipée, emportant avec elle mes rêves et réalités. Je compris à cet instant que mon ombre n’était que le reflet de mes songes. Je ne le savais pas. Rechercher le soleil, sortir de ma caverne. Peut-être alors retrouverais-je la trace abandonnée de ce clair-obscur omniprésent. Devant moi, derrière moi, à mon côté.
Quand la lumière s’échappe, alors la vie s’estompe.
Je n’aurais jamais dû négliger cette discrète présence.
Je ne pensais qu’à moi.
Je ne le voyais pas.
Je ne le comprenais pas.
Mon ombre s’éclipsa, il ne faisait pas nuit.
Dorénavant j’oserai dire que je suis l’ombre de moi-même.
Âme, corps & ombres composent cette unique mélodie pour ne pas s’égarer.
Il n’y a pas de chemin, seulement des ombres imprimées.

note | bhagavad-gîtâ

La Bhagavad-Gîta | Chapitre 12ème | La voie et le bhakta, 12

Albin Michel (édition présentée et commentée par Shrî Aurobindo)

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En proie à cette violente colère envers moi-même, je dois naviguer vers l’épicentre de ma tempête. Cet endroit reculé où tout a commencé, au fin fond de mes émotions. Parvenir à cette geôle où je me suis claquemuré, il y a déjà si longtemps.

Peu importe si le voyage est sans fin,  je ne peux que poursuivre cette entreprise. Atteindre cette paix intérieure est vital.

Très en colère envers moi-même.

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Mon ombre sombre dans la pénombre de mes décombres.
Mes songes s’entremêlent à mes souvenirs, mais je reste posé là. Fixé à jamais sur ce socle sans fond. Immobile, je n’ai plus rien à exprimer ni espérer. Le Maître a fini son ouvrage. Il n’a plus rien à y ajouter, plus rien à y soustraire. Et, cependant, il devine qu’il y a déposé un fragment de son âme, pas toute son âme, il la réserve à d’autres rêves, d’autres oeuvres. Pendant ma genèse, ma naissance à la lumière, j’étais vivant. Je sentais l’amour de son regard sur moi, comme le regard attendri d’une mère sur son enfant. Mais tu devais survivre.
J’ai été posé là, vendu, acheté, oublié, revendu, sorti de l’ombre et des décombres pour être exposé là.
Au milieu de rien.
Au milieu de tout.
Loin de toi.
Mes traits se sont tirés.
Figés à jamais.
Depuis le jour où j’ai été abandonné dans ton atelier. Déposé parmi tes images créées par tes mains et ton regard profond.
Dans ton atelier.
Ton atelier où je suis né.
L’atelier où tu m’as façonné à ta pensée.
L’atelier où je t’ai fasciné, où je t’ai obsédé.
Retiré, éloigné, arraché d’ici. Je ne pouvais ni crier, ni t’appeler. Tu devais créer. Tu vivais une idée, née de tes pensées.
Je me suis figé.
Et je t’ai regardé.
Mon ombre sombre dans la pénombre.

photo (xf): Rodin | Museo Soumaya ~ México

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Dans nos absences,

Dans nos silences,

Sans différences,

L’appel des sens,

Seule la présence,

De notre essence,

Éminence,

Quintessence.

Fuir nos absences,

Nos références,

En silence.

Une seule et unique conscience.

Une seule et unique évidence.

Dans les silences

de nos absences.

Enfance,

Puis descendance.

Les mêmes silences,

Les mêmes absences.

Évidence,

Puis dépendance.

Une occurrence.

Fausse apparence,

Fausses circonstances.

Nos ignorances,

Nos errances,

Et nos absences,

Tancent

Nos silences.

Et dansent

Nos absences.

Une violence,

Désespérance.

Les mêmes silences,

Les mêmes absences.

Une même souffrance,

Une évidence.

Mais le silence,

N’est pas absence.

Une évidence,

Pas une croyance.

Dans nos absences,

Dans nos silences,

Future naissance,

Nos espérances.

Une évidence…

Même le silence,

N’est pas absence.

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Je ne suis ni ce que je pense que je suis ni ce que j’aimerais que je sois ni ce que j’ai cru que j’étais. Je ne suis que la bribe d’un être éphémère sans fond, posé là, à la forme grise et vieillissante.

Nous ne voyons pas tous les mêmes choses?
Nous ne sentons pas tous les mêmes choses?
Nous n’entendons pas tous les mêmes choses?
Nous ne percevons pas tous les mêmes choses?
Mais la réalité du monde est-elle véritablement différente pour chacun d’entre nous?
La vie de chacun certes est différente mais la réalité qui nous entoure, l’est-elle vraiment?
Aucune réponse à l’instant présent. Seulement une interrogation.