Finalement, rien ne sert d’essayer de changer le cours des événements. Ils arrivent et on les vit. Impuissantes révolutions. Rien de nouveau.
La déception de croire.
L’exposition universelle de soi pour être encore plus seul. Quel espoir se cache derrière tout cela? Les mythes se découvrent, ils ne s’affichent pas. La postérité est tellement plus élégante. Elle n’a plus aucune raison d’être. Elle est gratuite.
Ne nous empêchons pas d’aimer, même en souvenir.
C’est tout de même étrange tout cela. La vie ici ou là. Le mal que l’on se fait, sans vouloir le faire. Et celui que l’on se fait en le sachant. Le calvaire des utopies. Puis il y a tout ce que l’on ne veut pas se dire et ce que l’on ne s’est pas dit. Une confusion des non-dits. Et ce livre ne se termine jamais, ni ne se terminera.
Sans doute le plus lâche.
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… et puis il y a ces jours, ces jours qui sont de trop. Ceux que l’on n’a pas demandés. Sauter une case, revenir à celle du départ. Les jours ne dépendent pas de nous, ils viennent et repartent, laissant la seule trace que celle que nous avons bien voulu leur octroyer. Sentiment absurde d’avoir survolé sa journée, hors de soi, en très léger décalage, sans s’observer évoluer. Ni avancer, ni reculer. Où s’est-il égaré ce regard? Qu’ai-je fait de mes mains aujourd’hui? À quoi ont-elles servi? Qu’as-tu produit l’ami?… si ce n’est cette pensée noire qui t’a suivi. Revêtir ses sombres habits pourpres du bal des tourments puis déambuler là où tous s’agitent et se pressent. Aucun désir, laisser filer, laisser faire et perdre le dessus sans jamais lâcher prise. Le combat est inégal, ne pas lutter. Tu pourrais le regretter. Se laisser emporter par la vague de la pensée et attendre qu’elle échoue sa masse puissante au sol, dans un bruit sourd, comme un corps qui perdrait la vie dans sa marche. L’arche ne sait rester en suspens, c’est contre nature. Le corps finit par tomber et l’âme s’en échappe. Sais-tu ce qu’il t’est demandé de faire ici? Qui est ton maître? Ne se serait-il pas échapper pour te laisser choir dans ce délire que tu alimentes parce que cela te rassure? L’image que tu avais du monde s’est évanouie. Approche-toi de l’essentiel, sans trop y réfléchir, en tâtonnant. Le voyage est peut-être encore long et il n’en restera rien. Qui a gravé tes souvenirs si ce n’est toi, au fond de toi? Gravure sur sable, vouée à s’effacer. A été et n’est plus. Drôle de jeu, sans importance. Puisque tu le sais, pourquoi t’inquiètes-tu alors? Oui, cela n’a aucune importance, de quoi as-tu peur si ce n’est de t’approcher d’une vérité qui te stigmatise, t’anéanti. Disparaître n’est pas s’absenter. On pourrait penser à une fuite si seulement elle était volontaire. Rien ne justifie ce qui se passe autour de nous, la recherche n’est-elle pas déjà terminée, aboutie. Que cherches-tu à savoir de plus qui n’est déjà connu, vécu? Il faudra songer à arrêter d’asséner des âneries pour essayer de croire à cet ordre qui n’en est pas un.
Disparaître n’est pas s’absenter.
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Absparaître,
disparaître pour apparaître, ne plus être pour être soi.
symbole | La femme rouge Turque
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Un petit pas de danse, avec des mots dénués de sens. Ne pas trop se prendre au sérieux. Surtout pas moi. S’égarer n’est pas se perdre. Le chemin se devine à peine, et il faudrait le suivre. Pas le temps de réfléchir, cela n’a aucun sens. Mais se croiser donne un relief. Sinon, pourquoi serait-on là? Pour se voir soi. Non sens et mauvaise habitude. Quelque chose se passe et on ne veut pas le voir, ni le croire. Qui saura nous dire que ce n’était pas vain? Les rencontres n’ont pas besoin de corps. La découverte si.
Le ciel de mes rêves est infini.
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(se)voir
se voir sans décevoir
L’Être:
Un squelette, os enchevêtrés les uns aux autres, revêtu de graisse et d’une enveloppe de chair élastique, amas de tripes et boyaux, rempli de corps liquides. Une bien étrange machine, de temps en temps endolorie. S’accompagne parfois de pensées, difficiles à localiser. Personne ne sait si elles existent véritablement. Très souvent impossible à comprendre. Semble avoir la capacité de mémoriser et de transmettre certaines données. Incapable de restituer exactement ce qu’il perçoit. Ne pense qu’à lui même s’il le nie haut et fort. La plupart du temps a la capacité de se mouvoir et même d’être déplacé. Sans jamais pour autant comprendre ni d’où il vient, ni où il va ou prétend aller. A la faculté de se reproduire, de se perpétuer sans égard à son environnement, quelques fois, dans des conditions les plus hostiles.
Sa date de péremption lui est inconnue. Il n’en a qu’une vague idée. Il se consume indubitablement.
S’apparente au rien avec une forme certaine.
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Ma recherche est universelle. Elle s’inscrit à la fois dans un tout et dans un rien. Comme une existence, dans l’ensemble des existences, à la valeur neutre. Ni plus, ni moins. Seulement être là comme une présence qui croît et s’estompe. Une onde qui se mêle aux autres ondes. Une émotion perçue qui s’effiloche par son absence de consistance réelle, dénuée d’objectifs précis. N’avoir aucune autre importance que celle du doute d’avoir ou pas existé. Saisir un instant de réflexion sans lui accorder la moindre attention (voire intention) autre que celle d’une simple évaporation, passage d’un état à un autre état. La disparition d’une apparition, sans dessein. Un passage, de soi à Soi (ensemble des soi). Alors seule l’émotion (perception du moment unique et individuelle) subsiste et persiste en soi.













