Charles Maussion, Eugène Leroy, Robert Guinan
» Peintures, gouaches & dessins »
Exposition organisée à l’initiative du Conseil Général de l’Yonne avec le soutien de l’Yonne en scène.
du 29 juin au 28 septembre 2014 – de 11h à 18h – fermée le lundi.
Exposition organisée à l’initiative du Conseil Général de l’Yonne avec le soutien de l’Yonne en scène.
du 29 juin au 28 septembre 2014 – de 11h à 18h – fermée le lundi.
Robert GUINAN | Eugène LEROY | Charles MAUSSION
Une exposition du Conseil Général de l’Yonne Avec le soutien de l’Yonne en scène , du 28 juin au 28 septembre 2014 – Commissariat : Louis Deledicq
Artiste américain né en 1934, Robert Guinan vit à Chicago depuis 1959 et crée une peinture sociale et engagée. Comme ces illustres prédécesseurs, Edgar Degas et Henri de Toulouse-Lautrec , Robert Guinan fréquente les bas quartiers de sa ville où il rencontre des hommes et des femmes pauvres, des marginaux. Animé d’une volonté de magnifier ces exclus et déshérités de la société américaine, il réalise leurs portraits.
Fervent admirateur de Rembrandt, Eugène Leroy (1910-2000) portait une attention particulière au travail de la matière et de la lumière. Il a accompli une œuvre singulière située dans un double mouvement d’apparition-disparition du motif. Sa démarche consistait à enfouir sous de multiples couches de peinture un dessin originel. L’image du corps ou du visage de son modèle est recouverte progressivement d’un magma de peinture, sur lequel l’artiste ne cesse de revenir, retravailler pendant des années. Dans le foisonnement de la matière picturale, l’épaisse couche au relief bosselé, la figure ne disparaît pas, au contraire elle émerge, elle s’incarne dans la peinture.
Pour retranscrire le plus fidèlement ses émotions Charles Maussion (1923-2010) n’a eu de cesse d’épurer sa peinture. Ce n’est pas le sujet en tant que tel qui l’intéresse mais le sentiment qui jaillit face à lui. Bien plus que la forme d’une mouette, ce qui l’ importe c’est la lumière qui l’irradie, l’atmosphère qui l’entoure, sa présence. Comme chez Leroy, c’est le travail de la lumière, avec de subtils dégradés de couleurs qui fait émerger les silhouettes du fond.
Une exposition du Conseil Général de l’Yonne Avec le soutien de l’Yonne en scène Commissariat: Louis Deledicq
du 28 juin au 28 septembre 2014
Tanlay – Communs du Château
Tous les jours sauf les mardis de 11h à 18h Tel. 03 86 75 76 33
Accueil des scolaires sur rendez-vous auprès de Nathalie AMIOT : 03 86 72 85 32 nathalie.amiot@lyonne-en-scene.com
Un grand merci à vous @allerarome pour vos photos des oeuvres de Pierre Edouard exposées par la Galerie Ditesheim, lors du salon ArtParis 2014 et pour les mots que vous m’avez confiés…

» Une œuvre a sa vérité mais le rêve de l’œuvre en a une autre » Pierre-Edouard .
Puis il écrit qu’il choisit la deuxième. Dans le rêve de toute œuvre, artiste, créateur, amateur il y a une vérité, la vérité du désir singulier de chacun . Laissons donc à l’artiste sa vérité que son œuvre élucide pour lui seul .
Pierre Edouard lui met le rêve de l’œuvre en chantier pour nous donner à voir non pas ce qu’il a rêvé mais ce qui s’est matérialisé, interprété peut être de son rêve.
Passage par le temps de l’exposition où la vérité de l’œuvre s’offre alors à celui qui regarde . Pour avoir il y a plusieurs mois découvert l’œuvre gravé de Pierre-Edouard dans une autre galerie, il me restait essentiellement la finesse et la vivacité du trait donnant toute légèreté à la gravure . Mise en suspension de ses sujets défaits de leur poids d’être des corps. Formidable. Le trait saillant que l’on retrouve dans la réalité sur des personnes se retrouve là dépersonnalisé mais tout aussi vif donnant une force et un caractère à l’œuvre, son trait de caractère.
Il s’agit bien d’autre chose que de la représentation de personnages, de leur expression, de la position où ils se tiennent arc-boutés, penchés vers l’avant.
Ce qui se dégage des sculptures, de ces corps en suspension c’est une tension mais une tension pour une trajectoire et non pas faisant poids . L’horizontalité que croise notre verticalité de spectateur, les arrache à une certaine fixité, à un enracinement. Le nouage de la forme, de la tension et du mouvement semble se faire dans l’arc d’arc-bouté utilisé pour qualifier les postures.
Voir des gravures et des sculptures permet d’apercevoir ce qui fait le trait unaire, unique de l’œuvre de Pierre-Edouard.
Cette même ligne traverse les œuvres, dans un même mouvement comme un surgissement. On se plait à penser que ce surgissement est celui de la vérité de l’œuvre, qu’il est inutile de chercher ce qu’elle pourrait vouloir dire , nous montrer ou nous signifier. L’œuvre est hors sens, surgie du Réel . Jacques Lacan écrivait que l’artiste, toujours précède le psychanalyste . Alors j’ai pensé : voilà !
Des œuvres qui nous regardent autant que nous les regardons parce que l’art nous regarde pour nous faire apercevoir ce qui ne peut se dire que d’en passer par l’œuvre rêvée de l’autre .
Je remercie encore Xavier de m’avoir fait découvrir un jour cet artiste.
Des souvenirs comme des traits. Des lignes comme un visage. Le visage d’un souvenir. L’angoisse d’un regard. Une mémoire qui ne s’efface. Pas de spectateur. Solitudes qui partagent cet appel à l’échange. Le sens d’une évidence. Le passage de l’un à l’autre. Le va et vient du message. Une partition se compose, à quatre mains. Une image se dessine. Le vol d’un avion dans la nuit, le rappel au réel. Aux deux extrêmes du même monde, des paroles s’échangent. Convergentes, intimes. Se rejoignent en un seul point, là où l’on se dissimule. Les larmes s’estompent, les sourires naissent mais rien ne se distingue. Seul un souvenir. Une rencontre sans présence. Le regard posé sur la nuit, le silence autour. Aucune ride. Tout est présent, le moment, l’instant. Ici. Tout ressurgit au moindre désir. Aucune orientation. Seuls des mots qui s’accrochent les uns aux autres et ne font plus qu’un. Une conversation nocturne. De l’un à l’autre. Ne plus rien dire n’est pas se taire. Tout reste en suspens. Ne pas y toucher, l’effleurer du rêve.
Être là.
il/elle n’a pas voulu prévenir,
il/elle n’a pas voulu dire,
il/elle n’a pas voulu écrire,
il/elle n’a plus voulu lire,
il/elle n’a plus voulu sourire,
il/elle n’a pas voulu fuir,
il/elle n’a pas voulu mentir,
il/elle n’a pas voulu en rire,
il/elle n’a pas voulu faiblir,
il/elle n’a pas voulu agir,
il/elle n’a pas voulu partir,
il/elle n’a plus voulu souffrir,
il/elle n’a pas voulu en finir,il/elle n’a pas osé mourir.
Seul le silence pour percevoir et peut-être comprendre.
Notes anciennes (ou pas):
Yumeji’s Theme
Finalement, rien ne sert d’essayer de changer le cours des événements. Ils arrivent et on les vit. Impuissantes révolutions. Rien de nouveau.
La déception de croire.
L’exposition universelle de soi pour être encore plus seul. Quel espoir se cache derrière tout cela? Les mythes se découvrent, ils ne s’affichent pas. La postérité est tellement plus élégante. Elle n’a plus aucune raison d’être. Elle est gratuite.
Ne nous empêchons pas d’aimer, même en souvenir.
C’est tout de même étrange tout cela. La vie ici ou là. Le mal que l’on se fait, sans vouloir le faire. Et celui que l’on se fait en le sachant. Le calvaire des utopies. Puis il y a tout ce que l’on ne veut pas se dire et ce que l’on ne s’est pas dit. Une confusion des non-dits. Et ce livre ne se termine jamais, ni ne se terminera.
Sans doute le plus lâche.
« Mauvaises Nouvelles », éditions NumerikLivres, dans le catalogue du réseau des médiathèques de l’Albigeois.
LE BLOG DES ÉDITIONS NUMERIKLI(V)RES
Voir l’article original 497 mots de plus
… et puis il y a ces jours, ces jours qui sont de trop. Ceux que l’on n’a pas demandés. Sauter une case, revenir à celle du départ. Les jours ne dépendent pas de nous, ils viennent et repartent, laissant la seule trace que celle que nous avons bien voulu leur octroyer. Sentiment absurde d’avoir survolé sa journée, hors de soi, en très léger décalage, sans s’observer évoluer. Ni avancer, ni reculer. Où s’est-il égaré ce regard? Qu’ai-je fait de mes mains aujourd’hui? À quoi ont-elles servi? Qu’as-tu produit l’ami?… si ce n’est cette pensée noire qui t’a suivi. Revêtir ses sombres habits pourpres du bal des tourments puis déambuler là où tous s’agitent et se pressent. Aucun désir, laisser filer, laisser faire et perdre le dessus sans jamais lâcher prise. Le combat est inégal, ne pas lutter. Tu pourrais le regretter. Se laisser emporter par la vague de la pensée et attendre qu’elle échoue sa masse puissante au sol, dans un bruit sourd, comme un corps qui perdrait la vie dans sa marche. L’arche ne sait rester en suspens, c’est contre nature. Le corps finit par tomber et l’âme s’en échappe. Sais-tu ce qu’il t’est demandé de faire ici? Qui est ton maître? Ne se serait-il pas échapper pour te laisser choir dans ce délire que tu alimentes parce que cela te rassure? L’image que tu avais du monde s’est évanouie. Approche-toi de l’essentiel, sans trop y réfléchir, en tâtonnant. Le voyage est peut-être encore long et il n’en restera rien. Qui a gravé tes souvenirs si ce n’est toi, au fond de toi? Gravure sur sable, vouée à s’effacer. A été et n’est plus. Drôle de jeu, sans importance. Puisque tu le sais, pourquoi t’inquiètes-tu alors? Oui, cela n’a aucune importance, de quoi as-tu peur si ce n’est de t’approcher d’une vérité qui te stigmatise, t’anéanti. Disparaître n’est pas s’absenter. On pourrait penser à une fuite si seulement elle était volontaire. Rien ne justifie ce qui se passe autour de nous, la recherche n’est-elle pas déjà terminée, aboutie. Que cherches-tu à savoir de plus qui n’est déjà connu, vécu? Il faudra songer à arrêter d’asséner des âneries pour essayer de croire à cet ordre qui n’en est pas un.
Disparaître n’est pas s’absenter.
« Tandis que je ne vous aime plus je n’aime plus rien, rien, que vous, encore. »
« Et puis le jour est revenu comme d’habitude, en larmes, et prêt pour la comédie. Et encore une fois la comédie s’est proposée. »
« Vous êtes resté dans l’état d’être parti. Et j’ai fait un film de votre absence. »
« Continuez à oublier, à ignorer et le devenir de tout ceci et celui de vous-même. »
Marguerite Duras, L’homme atlantique, Les éditions de minuit
Une simple ligne, immobile et silencieuse. Une frontière que l’on a outrepassée, une frontière que l’on ne traversera plus ou que l’on a déjà franchie. Avant, après. Passé, futur. Le simple dessin du présent qui ne s’oublie plus. Le présent que l’on a en soi, celui que l’on possède vraiment. Ce mouvement qui se fige dans sa fuite en avant. Le trait dépouillé de nos mémoires unies, avec leurs mots enlacés les uns aux autres qui deviennent illisibles. Une ligne de mots qui ne peut plus rien dire et qui s’étire en confessions, comme ce souvenir qui la trace. Une ligne qui peut se lire et semble tout dire. Une ligne qui se comprend tout en laissant sa cicatrice. Pure conscience, anamnèse.