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Note

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Où se cache-t-il le temps? Le temps d’aimer. Se fondre dans la fumée comme une montée aux cieux et passer entre ceux qui, assis là, sont perdus.
Un écran de fumée.
Un jour je disparaîtrai dans une fumée et laisserai derrière moi cette odeur âcre qui s’accroche aux vêtements mais qui réveillent l’envie de vivre, de rallumer une flamme. Disparaître en fumée. À l’infini, être là.
À jamais, vous avez laissé sur ma peau cette fumée.
Désapprendre à rentrer dans l’ordre. Respecter mais ne pas se soumettre. Sans jamais oublier complètement ni comprendre. Voir au loin et deviner ses proches. Mélanger les sens et les mots. Ne pas craindre, s’aventurer à ne pas arrêter le flux, mais pouvoir le quitter. Prendre le risque. Hurler ses larmes pour survivre à ses démons. Pour survivre à ses passions. Mélanger les mots, qu’ils soient beaux et explosent quelque part en soi, quelque part en l’autre, quelque part en vous. Esthétique du mot. Un mot devant l’autre comme un pas devant l’autre. Mot à mot. Pas à pas. Avoir des mots tristes n’est pas être triste, comme vivre n’est pas non plus être vivant. Tout mettre à plat, ne rien transmettre.
Que faire des émotions accumulées? Que deviennent-elles après? Après quoi d’ailleurs? Que faites-vous des pensées qui vous assaillent? Il existe un réservoir depuis la plus petite enfance qui accumule des bribes d’images, senteurs, musiques, mots… et parfois pèse lourd. Arrête-t-on de penser après?
Où se cache-t-il le temps?
Le temps d’aimer.
Le temps n’existe pas.
Crions ensemble. Ensemble, 1+1+vous+moi.
N’ayant pas conscience des mots qui m’échappent je vous rends votre silence.
Aux âmes de coton.

belle année à vous

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note

Esclave de ses rêves il s’enchaîna à un nuage et contempla le flux des mondes pour ne plus y revenir. Seules subsistèrent les images du vécu.

note

Pourquoi penser différemment si l’on a déjà la chance de penser? Penser est nécessaire et suffisant. Aberration du langage contemporain?!

Penser différemment serait aussi stupide que d’imaginer que l’on peut rêver différemment.

note

Qu’y a-t-il de plus beau & de plus merveilleux qu’une coïncidence dans sa plus pure essence?

note

Automne en ville, automne en soi.

Quand d’autres écrivent et décrivent si justement ce que vous aimeriez dire, il est préférable de se laisser emporter par leurs mots. 

No ego

merci

Je voudrais seulement vous remercier.

Vous remercier d’être là. Vous que je ne connaîtrais peut-être jamais vraiment. Sans doute jamais. J’aimerais savoir dire merci à chacun, inconnu ou connu. Merci avec un sourire. Merci parce que je ne vous mérite pas. Merci parce que l’on oublie si souvent de se le dire. Merci parce que notre éducation nous l’a enseigné? Non, pas seulement. Surtout pas d’ailleurs, ce merci n’est qu’un automatisme, triste, sans regard, ni grain. Je voudrais vous remercier alors que vous souhaitez en ignorer les raisons et passer votre chemin sans y penser. Je voudrais vous remercier et que vous sentiez, sachiez que ce remerciement s’adresse à vous seul, au moment où vous l’acceptez. Je voudrais que vous reconnaissiez la couleur et la texture de ce merci que je vous adresse, dans sa large palette, vous reconnaîtriez celui qui a été soigneusement préparé pour vous. Celui qui assemble souvenirs et rèves. Celui qui flotte entre nous. Celui que l’on ne se dit pas par discrétion, par délicatesse, par pudeur, par colère, par tristesse. Parce que l’on ne veut pas le recevoir en plein coeur. Parce que parfois ce merci fait mal de bonheur. Le merci qui ne s’efface jamais même lorsque l’on disparaît, si l’on imagine que l’on peut disparaître. J’aimerais vous dire merci pour ce que tout ce que vous savez, pour tout ce que vous cachez, pour tout ce que vous fuyez, pour ce que vous avez commencé à partager mais aussi pour ce que vous ne vous voulez plus partager. Merci parce qu’il se dirige à vous. Parce que vous savez pourquoi je vous remercie. Merci parce que c’est si simple et si dur à la fois. Merci maintenant, parce que peut-être je n’aurais pas pu le vous le dire. Merci parce que nous nous sommes rencontrés et que l’on ne se dérencontre jamais. Ce mot n’existe pas, parce qu’il n’a aucune raison d’exister. On se rencontre et c’est ainsi. Une fois suffit pour que cela dure toujours. On n’oublie pas les rencontres, on vit avec, on survit de rencontres, de nos rencontres. On n’oublie pas, on n’oublie rien, on oublie seulement de dire merci. Parce que l’on a honte, parce que l’on ne veut plus être un enfant, parce que l’on croit que l’on n’a pas besoin de le dire. On imagine ce que l’on doit faire, et l’on ne le fait jamais, parce que l’on n’accomplit jamais ce dont on a rêvé, ce dont on rêve. Vous n’êtes pas dans l’obligation d’accepter ces remerciements. Vous pouvez passer votre chemin, esquisser un sourire, et vous retirer, comme si de rien n’était. Ce n’est pas grave. La situation n’est pas ridicule, ni pour l’un, ni pour l’autre. Cependant, il est à vous, vous qui comprenez pourquoi vous pouvez vous l’accaparer et le garder au creux de vos mains, au fond de votre poche, entre deux pages de votre calepin. Vous savez que l’on ne partage pas comme nous aimerions donner et recevoir. Dire merci n’est pas sans importance. On ne l’écoute pas toujours parce que l’on souhaiterait entendre d’autres paroles. Ce merci est à vous, conservez-le si vous le désirez. Sinon, essayez de l’oublier, cela n’a plus d’importance, je vous l’ai écrit parce que j’avais besoin de vous le dire. 

Être là, pour vous remercier.

l’entêté

Puis il s’arrêta lentement d’écrivailler lorsqu’il comprit, somme toute tardivement, qu’il ne s’adressait qu’à lui seul. Fate considération de soi, qu’il bafouait par sa présence au monde. Ses efforts étaient vains. De trop lire, il avait succombé à la prétention, réservée aux plus faibles, de s’essayer à écrire. Son imagination l’avait enjôlé. Elle l’avait orné d’un costume d’apparat, comme l’on dresse une précieuse table à l’occasion d’une faste réception, avec soin et délicatesse. Elle ne lui avait livré aucune trame d’un début d’historiette. Son imagination avait seulement exacerbé une bien triste et grotesque effigie de ce qu’il ne serait jamais, image bien éloignée de sa commune réalité. Orgueilleuse vanité, qu’il revêtait chaque matin. Il s’obstinait à vouloir briller par de vils subterfuges, mais lorsqu’il sut lire sincèrement ceux et celles qu’il avait admirés et qu’il vénérait encore, il finit par comprendre son écrasante déconvenue. Son ombre s’effrita d’elle même, s’estompa in extenso. Parviendrait-il à atteindre le soulagement d’être simplement honnête avec lui-même et les chimères auxquelles il avait insufflé un embryon de vie?

Sa paresseuse désagrégation le rapprochait inéluctablement de son essence ignorée. L’acceptait-il véritablement?

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Pousser les grilles et ne plus s’enfermer. Ne plus se fermer. Les barrières que l’on cherche à construire autour de soi ne protègent de rien, et surtout pas de soi. Se protéger de soi en s’ouvrant à l’autre. Se protéger de soi, parce que l’on comprend que l’on est son pire ennemi.
Laisser passer.

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Pourquoi ne l’ai-je pas lu avant? … et tout ce qu’il me manque encore à découvrir.

« Nous vivons bien à l’aise, chacun dans son absurdité, comme poissons dans l’eau, et nous ne percevons jamais que par un accident tout ce que contient de stupidités l’existence d’une personne raisonnable. Nous ne pensons jamais que ce que nous pensons cache ce que nous sommes. J’espère bien, Monsieur, que nous valons mieux que toutes nos pensées, et que notre plus grand mérite devant Dieu sera d’avoir essayé de nous arrêter sur quelque chose de plus solide que les babillages, même admirables, de notre esprit avec soi-même. »

Paul Valéry, Monsieur Teste | extrait de Lettre de Madame Émilie Teste, éditions L’imaginaire, Gallimard

note

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Aujourd’hui je ne peux rien faire d’autre que de ne rien faire.

15 novembre 2011

note

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A-t-on vraiment tant de choses à vivre ou n’est-ce seulement qu’une obstination à vouloir décorer sa vie à tout prix, lui donner du relief, une histoire?

note

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« Dans le doute, je reste sceptique…

En silence, être là. »

 

 

note

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photo volée à @AliQuandOo

Chercher, chercher encore des solutions et ne pas les trouver.

Faire confiance au silence et le contempler.

note

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Des petits pas, par ici, sans faire de bruit. Ne déranger personne, seulement être passé et rien de plus.
Des mots se sont échoués, sans aucun rebond, avalés par une liste sans fond. Mais ont vécu, le temps d’un souffle de pensée.

En présence, je perçois ceux que j’aime, que j’ai aimé et qui se sont évaporés d’ici. La nature assassine, infanticide, les a décomposés, broyés, réduits.

La violence est omniprésence.
Comme la conscience.
Absence au monde.
L’oubli est absence, le souvenir présence.
Béance.